image representative des 20 centrales photovoltaiques prévue en Algerie pour 2026

Algérie : 20 centrales photovoltaïques pour 3 000 MW en 2026 — quatre milliards de m³ de gaz libérés pour l’export

Table of Contents

• Vingt centrales, 3 000 MW : l’inventaire d’un déploiement sans précédent

• Les enjeux gaziers : 4 milliards de m³ récupérés pour l’export européen

• El Ghrous, Sidi Saâd, Tendla : l’état d’avancement des chantiers clés

• Une capacité industrielle bâtie avec l’expertise chinoise

• Les étapes suivantes : vers les 15 000 MW d’ici 2035

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Vingt centrales, 3 000 MW : l’inventaire d’un déploiement sans précédent

Le programme de 3 000 MW constitue la première vague d’industrialisation solaire de grande échelle en Algérie. Il comprend 20 centrales photovoltaïques réparties sur l’ensemble du territoire national, avec des capacités individuelles comprises entre 80 MW et 220 MW par site.

Ce programme succède à des années de démarrage difficile : la première centrale photovoltaïque significative raccordée au réseau en Algérie — la centrale de Tafouk 1 à Ghardaïa (20 MW) — n’a été mise en service qu’en 2019. Le saut d’échelle est donc radical : de quelques dizaines de mégawatts annuels à 3 000 MW en une seule année.

L’accélération observée en avril 2026 reflète la convergence de plusieurs facteurs : la montée en compétence des entreprises algériennes partenaires, la disponibilité des équipements majoritairement chinois, et une volonté politique renforcée de diversifier la production électrique. Des articles publiés les 6 et 7 avril 2026 documentent une nette accélération du rythme de réalisation.

Les enjeux gaziers : 4 milliards de m³ récupérés pour l’export européen

Le chiffre mis en avant par les autorités algériennes est celui-ci : 4 milliards de mètres cubes de gaz naturel économisés par an grâce au déploiement des 3 000 MW. L’Algérie est le troisième fournisseur de gaz naturel de l’Union Européenne, derrière la Norvège et les États-Unis, et les exportations de gaz constituent la principale source de devises du pays.

Or, la demande intérieure en électricité — alimentée quasi-exclusivement au gaz — a fortement augmenté ces dix dernières années, rongeant mécaniquement les volumes disponibles pour l’export. Substituer 3 000 MW de gaz par du solaire libère 4 milliards de m³ supplémentaires — une augmentation potentielle des exports gaziers de l’ordre de 7 à 8 %.

Dans le contexte de la crise énergétique européenne post-2022 et des efforts de l’UE pour diversifier ses approvisionnements, ces volumes sont stratégiquement précieux. Ils renforcent la position de négociation d’Alger avec ses partenaires européens, notamment l’Italie (via le gazoduc Transmed) et l’Espagne (via le Medgaz).

El Ghrous, Sidi Saâd, Tendla : l’état d’avancement des chantiers clés

El Ghrous (Biskra, 200 MW) — La plus grande centrale du programme s’étend sur 400 hectares et mobilise près de 380 000 panneaux photovoltaïques. Avec un taux d’avancement de 86 %, elle devrait être l’une des premières mises en service de l’année. Sa localisation dans la wilaya de Biskra est stratégique pour l’alimentation des zones industrielles de l’est algérien.

Tendla (El Meghaier, 200 MW) — Avec un taux d’avancement dépassant 93 %, cette centrale est la plus proche de la finalisation. El Meghaier, récente wilaya créée en 2019 dans la région des Ziban, illustre la volonté de développer des capacités énergétiques au coeur du désert, là où le rayonnement solaire est optimal et les coûts fonciers quasi-nuls.

Sidi Saâd (Laghouat, 200 MW) — Confiée à un consortium chinois pour un montant de 16,2 milliards de dinars algériens, cette centrale est prévue pour une mise en service à la fin du mois de mai 2026. Son coût de production est estimé à 7,3 dinars par kilowattheure — un niveau compétitif par rapport aux centrales à gaz. Ces trois sites représentent à eux seuls 600 MW, soit 20 % du programme.

Une capacité industrielle bâtie avec l’expertise chinoise

L’essentiel du programme a été attribué à des consortiums incluant des entreprises chinoises spécialisées dans la construction de grandes centrales photovoltaïques. L’argument de vitesse et de maîtrise des coûts a prévalu : ces constructeurs disposent d’une expérience sans équivalent dans le déploiement de projets de plusieurs centaines de mégawatts en conditions désertiques.

La centrale de Sidi Saâd est emblématique de ce modèle : construite en 16 mois par un consortium chinois, elle illustre la vitesse d’exécution rendue possible par ce type de partenariat. L’Algérie entend toutefois développer progressivement une chaîne industrielle locale, avec notamment le projet d’une usine de fabrication de panneaux solaires.

Selon IRENA, l’Afrique du Nord dispose de conditions parmi les meilleures au monde pour la production photovoltaïque : un ensoleillement de 2 600 à 3 000 heures par an, un indice DNI (Direct Normal Irradiance) élevé, et des terres disponibles à très grande échelle dans le Sahara.

image representative des 20 centrales photovoltaiques prévue en Algerie pour 2026
Image representative de centrale solaire PV

Les étapes suivantes : vers les 15 000 MW d’ici 2035

Le programme de 3 000 MW n’est que la première phase du plan national des énergies renouvelables. L’Algérie s’est fixé l’objectif d’atteindre 15 000 MW de capacité renouvelable installée d’ici 2035 — dont une majorité en solaire photovoltaïque, avec un apport de l’éolien et à terme de l’hydrogène vert.

Atteindre 15 000 MW depuis une base quasi-nulle représente un défi industriel et financier de grande ampleur. Le pays devra diversifier ses sources de financement, développer des infrastructures d’interconnexion pour valoriser les surplus de production, et intégrer le stockage à grande échelle.

La réussite du programme 2026 constituera un test grandeur nature de la capacité d’exécution de l’Algérie — et un signal fort pour les investisseurs internationaux qui observent le marché. Les 3 000 MW représentent le premier jalon d’un effort décennal qui pourrait faire de l’Algérie l’un des plus grands exportateurs d’énergie propre du continent africain.