L’année 2026 s’ouvre sur un constat partagé par l’ensemble des acteurs du secteur énergétique : l’Afrique est entrée dans une phase décisive de transformation de son système électrique.
Après une décennie marquée par des projets pilotes, des avancées réglementaires progressives et une dépendance forte aux financements concessionnels, le continent amorce désormais un changement d’échelle.
Horizon 2026 n’est plus une simple projection, mais un point de bascule où le solaire, l’éolien, le stockage et les modèles hybrides s’imposent comme des solutions centrales pour répondre aux défis de sécurité énergétique, de croissance économique et de transition climatique.
Cette dynamique repose sur une convergence de facteurs structurels : la baisse continue des coûts technologiques, la maturité des acteurs locaux, l’urgence climatique, mais aussi la pression démographique et économique qui rend toute dépendance prolongée aux énergies fossiles de plus en plus risquée.
En 2026, les énergies renouvelables ne sont plus une alternative marginale, elles deviennent une infrastructure stratégique.
Horizon 2026 : une accélération historique du solaire africain
Les chiffres publiés à l’aube de 2026 illustrent clairement cette rupture. Alors qu’en 2024 seuls deux pays africains avaient installé plus de 100 MW de nouvelles capacités solaires sur une année, ils sont désormais au moins dix-huit à avoir franchi ou à s’apprêter à franchir ce seuil en 2025. Cette évolution marque la fin d’un modèle concentré autour de quelques marchés dominants et l’émergence d’un déploiement plus équilibré à l’échelle continentale.
Des pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale, longtemps considérés comme secondaires, s’imposent désormais comme de nouveaux pôles de croissance solaire. À moyen terme, les projections confirment cette trajectoire : près de 23 GW de capacités solaires supplémentaires pourraient être installées d’ici 2028, traduisant une accélération durable et structurée.

Au-delà des volumes, la nature des projets évolue profondément. Les centrales solaires sont de plus en plus intégrées à des systèmes hybrides combinant stockage par batteries, groupes thermiques existants ou interconnexions régionales, ce qui permet de répondre aux contraintes de variabilité tout en renforçant la stabilité des réseaux nationaux.
Des modèles économiques plus robustes et plus bancables
L’un des changements majeurs de Horizon 2026 réside dans l’évolution des modèles économiques. Les projets exclusivement dépendants de contrats d’achat garantis par l’État ne constituent plus l’unique voie de développement. Les modèles marchands, les contrats directs avec des industriels, l’autoproduction et les mécanismes régionaux gagnent en crédibilité.
Cette transformation est soutenue par une implication accrue des institutions financières de développement, mais aussi par l’arrivée progressive de capitaux privés plus commerciaux. Les investisseurs recherchent désormais des projets mieux structurés, avec des risques mieux répartis, des cadres juridiques plus clairs et des perspectives de revenus diversifiées.
Le stockage d’énergie devient un levier central pour améliorer la bancabilité des projets renouvelables, en permettant une meilleure valorisation de l’électricité produite et une réponse plus efficace aux pics de demande.
2026, une année charnière pour les grands rendez-vous énergétiques
L’accélération du secteur s’accompagne d’une intensification des échanges stratégiques entre décideurs, investisseurs et développeurs. Plusieurs événements programmés en 2026 joueront un rôle structurant dans l’orientation des politiques publiques et des flux d’investissement.
Le Future of Energy Summit, prévu fin mars à Amsterdam, mettra l’accent sur les mécanismes de financement innovants, l’adaptation des réseaux et les nouveaux modèles de capital nécessaires pour soutenir la croissance rapide des renouvelables.
Quelques semaines plus tard, le forum Invest in African Energy à Paris réunira les principaux acteurs du secteur autour d’un objectif central : concilier expansion de l’accès à l’électricité, décarbonation et développement industriel. Le solaire utility-scale, les projets hybrides et les solutions bas carbone y occuperont une place centrale, illustrant leur rôle désormais structurant dans les stratégies nationales.
L’économie verte africaine prend forme
L’essor des énergies renouvelables en 2026 dépasse largement la seule question de la production électrique. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de construction d’une économie verte africaine. Les investissements s’étendent aux chaînes de valeur industrielles liées aux technologies propres, notamment autour des minerais critiques indispensables aux batteries et aux systèmes de stockage. Cette évolution ouvre une opportunité stratégique majeure pour le continent : passer d’un rôle de fournisseur de matières premières à celui d’acteur industriel intégré.
Le développement de capacités locales de transformation et de fabrication pourrait générer des milliers d’emplois qualifiés et renforcer la souveraineté économique des États. Parallèlement, les politiques publiques intègrent de plus en plus les objectifs climatiques dans les stratégies de développement, faisant de la transition énergétique un levier de résilience macroéconomique.

Les réseaux électriques, défi central de Horizon 2026
Si les capacités de production renouvelable progressent rapidement, le principal défi demeure celui des réseaux électriques. Dans de nombreux pays africains, les infrastructures de transport et de distribution constituent le principal facteur limitant.
Sans investissements massifs dans les lignes haute tension, les postes de transformation et les systèmes de gestion intelligente, l’intégration de volumes croissants de solaire et d’éolien restera contrainte. Des solutions émergent néanmoins, notamment à travers les interconnexions régionales, les projets de réseaux intelligents et le développement de mini-réseaux solaires pour l’électrification rurale.
Ces systèmes décentralisés offrent des réponses rapides et adaptées aux réalités locales, tout en réduisant la pression sur les réseaux nationaux.
Un changement de perception chez les investisseurs internationaux
En 2026, l’Afrique bénéficie d’un changement progressif de perception auprès des investisseurs internationaux. Les succès récents de projets renouvelables livrés dans les délais et respectant leurs performances renforcent la confiance. Les investisseurs institutionnels reconnaissent de plus en plus le potentiel de rendements attractifs ajustés au risque, dans un contexte mondial de transition énergétique accélérée. Les financements mixtes restent essentiels, mais la part du capital privé tend à augmenter, signal clair d’une maturité croissante du marché.
Horizon 2026, un point de bascule stratégique
Horizon 2026 ne doit pas être perçu comme une ligne d’arrivée, mais comme un point de bascule. Les décisions prises cette année, les projets lancés et les cadres réglementaires consolidés façonneront le paysage énergétique africain pour la décennie à venir. Le potentiel est considérable, mais les défis demeurent:
- accès au financement à long terme,
- stabilité réglementaire, développement des compétences locales et
- modernisation des réseaux.
Les signaux sont toutefois clairs.
L’Afrique n’est plus en phase d’expérimentation. Elle entre dans une ère de déploiement massif et structuré des énergies renouvelables, capable d’alimenter durablement la croissance économique, de réduire les inégalités énergétiques et de positionner le continent comme un acteur crédible de la transition énergétique mondiale.








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