La Senelec vient de poser la première pierre de l’infrastructure de stockage d’énergie la plus importante jamais construite en Afrique de l’Ouest.
- 56 MW.
- 56 MWh.
- 30 containers de batteries.
Le site de Diass, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Dakar, accueillera la première centrale BESS de grande envergure dédiée à la régulation de fréquence et à l’intégration des renouvelables en Afrique subsaharienne francophone.
Financement : 36 millions d’euros, apportés par l’Allemagne via KfW (28 M€ en grants) et la France via l’Agence française de développement (8 M€ en prêts). Constructeurs : le consortium AKUO Energy — BUTEC. Mise en service prévue : mars 2027.
Diass : 56 MW/56 MWh, 30 containers batteries, première en Afrique de l’Ouest
La centrale BESS de Diass est implantée sur le site de la centrale solaire existante de Diass, dans la région de Thiès. Cette co-localisation avec une installation PV préexistante est caractéristique d’une stratégie BESS « accouplé » (AC-coupled) : le système de batteries est connecté au réseau et peut absorber les excédents de production solaire ou restituer de l’énergie lors des pics de consommation.
La capacité est de 56 MW de puissance et 56 MWh d’énergie stockable — configuration C1, adaptée à la régulation de fréquence et au lissage de courte durée. La production annuelle nette est estimée à plus de 20 000 MWh. L’installation comprend 30 containers de batteries et 360 unités de conversion. L’agence DNV a assuré le rôle de conseil technique indépendant (Independent Engineer).

Financement : 36 millions d’euros — KfW 28 M€ en grants, AFD 8 M€ en prêts
Le financement est entièrement concessionnaire, reflétant le stade encore précoce du marché du stockage en Afrique francophone. L’Allemagne contribue via KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau) à hauteur de 28 millions d’euros en subventions (grants) — modalité inhabituelle pour des projets d’infrastructure énergétique. La France complète le montage par un prêt de 8 millions d’euros de l’AFD.
Le coût total est estimé à environ 23 milliards de FCFA (environ 35 millions d’euros), soit un coût unitaire d’environ 625 000 euros par MWh — une référence pour les projets BESS on-grid en Afrique subsaharienne. Ce financement bilatéral s’inscrit dans les engagements du Partenariat de transition énergétique juste (JETP) Sénégal (2 500 millions d’euros pour 40 % ENR d’ici 2030).
AKUO Energy et BUTEC : le consortium constructeur
Le contrat EPC a été attribué à un consortium composé d’AKUO Energy et de BUTEC. AKUO Energy est un développeur et constructeur français spécialisé dans les ENR avec stockage, actif en Afrique subsaharienne et dans l’océan Indien. BUTEC est un groupe de construction libanais présent dans les projets d’infrastructure en Afrique de l’Ouest.
Cette sélection combine expertise technique en intégration BESS (AKUO) et capacités de construction locale (BUTEC). Le projet inclut un volet de formation du personnel technique de la Senelec pour la maintenance et le pilotage des systèmes de batteries. Une fois opérationnel, le BESS sera exploité directement par la Senelec — préservant son indépendance opérationnelle sur les actifs stratégiques de régulation de réseau.
Stabilité réseau et intégration du solaire : pourquoi le stockage est devenu urgent au Sénégal
Le réseau électrique sénégalais intègre depuis 2021 une proportion croissante d’énergie solaire photovoltaïque (centrale de Bokhol 20 MW, Kahone 20 MW, projets C&I privés). Cette montée en puissance des ENR intermittentes crée des défis de gestion de fréquence et de tension que le réseau Senelec, conçu autour de la production thermique pilotable, n’était pas équipé pour absorber.
Le BESS de Diass répond directement à ce goulet d’étranglement : couplé à la centrale solaire existante sur le même site, il permettra à Senelec de lisser les rampes de production PV, d’absorber les surplus en milieu de journée et de restituer de l’énergie en fin d’après-midi — période de pic de consommation résidentielle. L’infrastructure contribuera à augmenter le taux de pénétration du solaire sans déstabiliser la fréquence du réseau.
JETP et objectif 40 % ENR 2030 : Diass dans la stratégie de transition énergétique du Sénégal
Le Partenariat de transition énergétique juste (JETP) sénégalais, signé lors de la COP27 en 2022, vise à mobiliser 2,5 milliards d’euros pour accompagner le pays vers 40 % de renouvelables dans son mix d’ici 2030. La centrale BESS de Diass en est l’une des premières réalisations concrètes dans le domaine de l’infrastructure de réseau.
À horizon 2030, le Sénégal devra intégrer au moins 500 MW solaires supplémentaires pour atteindre sa cible ENR. Chaque tranche de 100 MW solaires dans un réseau de la taille de Senelec (~1 500 MW de capacité) requiert un volume de stockage ou de flexibilité correspondant. La centrale de Diass ouvre la voie à un programme BESS plus ambitieux, dont les prochaines unités pourraient bénéficier d’un financement privé une fois la maturité du marché démontrée par Diass.










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