image représentative de 400 MW solaires en algerie

Algérie : El Ghrous et Tendla raccordées, 400 MW solaires entrent en service dans le programme national 3 200 MW

400 MW solaires. C’est le volume d’énergie solaire photovoltaïque que l’Algérie vient d’injecter dans son réseau électrique national en une seule annonce officielle. Le 12 avril 2026, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a confirmé la mise en service des centrales El Ghrous (wilaya de Biskra, 200 MW) et Tendla (wilaya d’El Meghaïer, 200 MW), premières unités opérationnelles du programme national de 3 200 MW.

Ces deux sites représentent ensemble un investissement dans l’infrastructure solaire algérienne sans précédent en termes de capacité unitaire. Chaque centrale atteint 200 MW, soit un format supérieur à la quasi-totalité des projets solaires opérationnels réalisés jusqu’ici sur le continent africain francophone.

El Ghrous et Tendla : les premières centrales du programme 3 200 MW en service

Les centrales El Ghrous (Biskra) et Tendla (El Meghaïer) constituent le premier lot livré du programme de 3 200 mégawatts-crête, dont les contrats ont été attribués en mars 2023. Leur mise en service opérationnelle au 12 avril 2026 marque une étape significative après plusieurs mois de montée en charge des installations.

La centrale El Ghrous est implantée dans la wilaya de Biskra, dans la région steppique du nord du Sahara algérien. La centrale Tendla se trouve dans la wilaya d’El Meghaïer, territoire situé à la limite nord-est du Grand Erg Oriental, où l’irradiation globale horizontale (GHI) dépasse régulièrement 2 200 kWh/m²/an selon les données IRENA.

Le raccordement de ces deux premières centrales au réseau Sonelgaz permet à l’Algérie d’injecter une puissance solaire nette de 400 MW solaires dans son mix électrique — un volume supérieur à la totalité de la capacité solaire installée dans le pays à fin 2023, qui s’élevait à 436,8 MW selon les données du ministère de l’Énergie.

Un programme sous tension : 40 % d’avancement, 1 400 MW attendus avant l’été

Le taux d’avancement global du programme 3 200 MW atteint désormais 40 %, selon les déclarations du ministre Adjal. Ce chiffre signifie que sur les 22 centrales planifiées, les phases de génie civil, d’installation des modules et de câblage sont achevées ou en cours sur une part substantielle du portefeuille.

Plus de 1 400 MW de capacité supplémentaire sont attendus en raccordement avant l’été 2026. Si cette trajectoire est respectée, l’Algérie aura injecté près de 1 800 MW solaires dans son réseau en moins d’un semestre. Le programme repose sur trois tranches distinctes : 2 000 MW (20 centrales Sonelgaz), 1 000 MW (5 centrales supplémentaires), et 200 MW isolés pour Gara Djebilet (Tindouf) avec stockage batteries.

image représentative de 400 MW solaires en algerie

Contexte énergétique algérien : du gaz vers le solaire, un basculement en cours

L’Algérie produit encore l’essentiel de son électricité à partir de gaz naturel. Le pays est le troisième exportateur africain de gaz naturel, avec des clients européens majeurs (Italie, Espagne, France). Chaque gigawattheure produit localement par du solaire libère une capacité d’exportation de gaz — un arbitrage économique que le gouvernement Tebboune a transformé en priorité nationale.

En 2025, les importations algériennes de panneaux solaires ont été multipliées par 33 en douze mois, propulsant le pays au troisième rang africain des importateurs. La mise en service des centrales El Ghrous et Tendla intervient dans un contexte de forte croissance de la demande électrique nationale, portée par l’essor de la climatisation, la croissance démographique et le développement industriel.

Les 22 centrales du programme : répartition, capacités et calendrier

Le programme 3 200 MW est distribué sur 22 centrales photovoltaïques, principalement dans les régions steppiques et sahariennes. Les capacités unitaires oscillent entre 80 MW et 220 MW, et les contrats ont été attribués à des groupements intégrant Sonelgaz Ingénierie et des partenaires étrangers, notamment des groupes chinois comme SEPCO Electric Power Construction.

Les livraisons devraient se succéder sur l’ensemble du deuxième et troisième trimestre 2026. Le programme vise à libérer chaque année plus de 4 milliards de m³ de gaz naturel pour l’export — selon les projections du ministère de l’Énergie — ce qui représente un gain de revenus estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.

Implications pour le marché algérien et les acteurs du secteur

La mise en service d’El Ghrous et Tendla valide, pour la première fois à grande échelle, la capacité de l’Algérie à raccorder des centrales solaires de 200 MW au réseau Sonelgaz. Ce résultat opérationnel devrait accélérer les discussions sur la prochaine vague de projets, qui pourrait cibler jusqu’à 12 000 MW supplémentaires entre 2027 et 2035.

L’Algérie, avec un potentiel solaire estimé à 2 650 TWh/an selon l’IRENA — parmi les trois premiers d’Afrique — dispose des ressources pour devenir un exportateur d’électricité verte vers l’Europe à horizon 2035-2040, à condition que les interconnexions transMéditerranéennes soient développées en parallèle. Le raccordement des 400 MW solaires d’El Ghrous et Tendla le 12 avril 2026 n’est pas une fin : c’est le début du basculement.