300 MW. C’est la puissance installée de Naos-1, le projet hybride solaire-stockage que SOLA Group a bouclé financièrement en février 2026 dans le Free State sud-africain — soit le plus grand projet de ce type jamais contractualisé avec des offtakers privés en Afrique du Sud. Les bénéficiaires : Sasol, géant pétrochimique coté au JSE et au NYSE, et Air Liquide, spécialiste mondial des gaz industriels. La construction a démarré immédiatement après le financial close, avec une mise en service commerciale visée pour le premier semestre 2028.
Un financial close historique pour le marché privé sud-africain
Le financial close de Naos-1 a été annoncé en février 2026. À 300 MW de capacité solaire nette (435 MWp en crête) couplés à 660 MWh de batteries, Naos-1 est le plus grand projet hybride solaire + BESS à avoir atteint le financial close dans le marché privé sud-africain.
Naos-1 n’est pas un IPP classique contractualisé avec Eskom ou le gouvernement dans le cadre du REIPPPP. C’est un projet entièrement privé développé par SOLA Group pour des acheteurs industriels, livré via le mécanisme dit de wheeling : l’électricité produite sur le site de Viljoenskroon (Free State) est acheminée sur le réseau de transport d’Eskom Transmission jusqu’aux sites de consommation de Sasol et Air Liquide.
300 MW (435 MWp) solaire + 660 MWh BESS : la configuration du projet
Naos-1 est construit sur un site proche de Viljoenskroon, dans le Free State. La centrale combine 435 MWp de panneaux photovoltaïques (300 MW nets en puissance AC) et 660 MWh de batteries (BESS), capables de stocker et redistribuer l’électricité produite en dehors des heures de pointe solaire.
Ce couplage est précisément ce que les grands industriels demandent : une alimentation stable, 24h/24, à partir d’une source renouvelable. La configuration permet aussi à SOLA Group de proposer des contrats d’approvisionnement avec des garanties de disponibilité (uptime) comparables à celles d’une centrale conventionnelle — argument décisif pour les industriels dont la continuité de production dépend d’une alimentation fiable.

Le modèle wheeling industriel : Sasol et Air Liquide comme offtakers
Sasol est l’un des plus grands consommateurs d’énergie d’Afrique du Sud. L’engagement de Sasol dans Naos-1 s’inscrit dans son plan de décarbonation qui vise une réduction de 30 % des émissions de CO₂ d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2017.
Air Liquide, dont les activités en Afrique du Sud portent principalement sur la production de gaz industriels pour les secteurs minier et sidérurgique, recherche également des sources d’énergie plus vertes. Les deux sociétés ont signé des Corporate Power Purchase Agreements (CPPA) long terme avec SOLA Group. Selon Engineering News, le projet est le plus grand développement d’énergie renouvelable contractualisé entre des entités privées en Afrique du Sud.
L’Afrique du Sud et le marché de l’énergie privée : contexte
L’Afrique du Sud dispose d’une capacité installée totale de l’ordre de 55–60 GW (IRENA 2024), mais la majeure partie repose sur des centrales à charbon d’Eskom dont plus de la moitié est en fin de vie. L’ouverture du marché à l’autoproduction et au wheeling privé, accélérée à partir de 2021, a libéré des dizaines de projets C&I. Naos-1 pousse ce modèle à un niveau d’échelle supérieur : 300 MW via wheeling pour deux multinationales.
Ce que Naos-1 signifie pour le segment C&I en Afrique du Sud
Pour les développeurs actifs sur le marché C&I en Afrique du Sud, Naos-1 valide plusieurs hypothèses importantes. D’abord, le wheeling à grande échelle est bancable. Ensuite, le BESS de 660 MWh montre que les industriels sont prêts à payer une prime pour une livraison constante (dispatchable), pas seulement pour du solaire intermittent. Cela modifie profondément la logique de conception des projets C&I de grande taille.











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