image aerienne d'un projet solaire

Voltalia consolide sa position en Tunisie avec le projet solaire Wadi (132 MW) : un portefeuille de 400 MW en construction

Voltalia, développeur français coté en bourse spécialisé dans les énergies renouvelables, a annoncé en janvier 2026 avoir été retenu par le gouvernement tunisien pour développer le projet solaire Wadi, d’une capacité de 132 MW dans la région de Gabès. Il s’agit du troisième projet attribué à Voltalia en Tunisie en l’espace de moins de deux ans, après Sagdoud (mai 2024) et Menzel Habib (décembre 2024). Avec ce nouveau contrat, le portefeuille tunisien de Voltalia atteint près de 400 MW de capacité photovoltaïque en cours de développement, sous des contrats d’achat d’électricité à 25 ans avec la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG). Les travaux de construction du projet Wadi démarreront en 2026 pour une mise en service prévue en 2027.

Le projet solaire Wadi : 132 MW dans la région de Gabès, troisième attribution en moins de deux ans

Le projet Wadi est implanté dans la région de Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, une zone caractérisée par un ensoleillement élevé et une topographie favorable aux installations solaires de grande échelle. Avec une capacité de 132 MW, ce projet s’inscrit dans la continuité des précédentes attributions tunisiennes de Voltalia : la centrale de Sagdoud (100 MW, région de Gafsa) et celle de Menzel Habib (environ 139 MW, également dans la région de Gabès). Ces trois projets totalisant environ 400 MW vont entrer en construction de manière progressive à partir de 2026, formant un pipeline cohérent pour le développeur français.

L’enchaînement rapide de ces attributions traduit la confiance du gouvernement tunisien envers Voltalia, dont les capacités techniques, financières et opérationnelles ont été validées par les appels d’offres successifs. C’est aussi le signe que le cadre réglementaire tunisien pour les IPP (producteurs indépendants) s’est suffisamment stabilisé pour permettre à des acteurs internationaux d’accumuler plusieurs actifs dans le pays, réduisant ainsi leurs coûts de développement par effet d’échelle locale.

Un PPA de 25 ans avec la STEG au cœur du montage contractuel

Comme pour ses précédents projets tunisiens, Voltalia commercialisera l’électricité produite par la centrale Wadi dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) d’une durée de 25 ans avec la STEG, l’opérateur historique du réseau électrique tunisien. Ce type de contrat à long terme garantit un flux de revenus prévisible sur toute la durée de vie économique de la centrale, créant les conditions nécessaires au montage d’une dette de projet non-recours.

Le financement du projet Wadi sera structuré par une combinaison de fonds propres de Voltalia et de dette bancaire à lever auprès d’institutions de financement du développement ou de banques commerciales. Pour la Tunisie, l’accès aux garanties de la Banque Mondiale (MIGA) ou aux lignes de la BAD et de Proparco constitue un levier important pour réduire le coût de la dette dans un contexte de risque pays encore surveillé par les investisseurs internationaux.

La centrale devrait générer, une fois opérationnelle, plusieurs centaines de GWh d’électricité propre par an, alimentant des centaines de milliers de foyers tunisiens et contribuant à la réduction des émissions de CO2 du secteur électrique, encore fortement dominé par le gaz naturel.

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Le deuxième programme d’appels d’offres tunisien de 800 MW : les acteurs retenus

Le projet solaire Wadi s’inscrit dans le deuxième programme d’appels d’offres de centrales solaires photovoltaïques lancé par le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, portant sur une capacité totale de 800 MW. Ce programme, plus ambitieux que le premier (500 MW), a attiré des acteurs internationaux de premier plan qui se sont réparti les lots attribués.

Aux côtés de Voltalia, le Norvégien Scatec a remporté un projet de 100 MW à Mezzouna (gouvernorat de Sidi Bouzid), un contrat assorti d’un PPA de 25 ans avec la STEG et d’un capex estimé à 80 millions d’euros. Le Français Qair International a quant à lui été retenu pour plusieurs projets dans le cadre de la procédure, complétant un trio de développeurs européens qui dominent le paysage des IPP solaires tunisiens.

Par ailleurs, la Tunisie a lancé en mars 2026 un troisième appel d’offres pour 300 MW solaire couplé à 150 MW/540 MWh de stockage batterie à Bazma (Kébili), dont les résultats sont attendus courant 2027. La dynamique des appels d’offres tunisiens s’accélère donc de manière soutenue.

Voltalia en Tunisie : de la sélection au leadership régional

La trajectoire de Voltalia en Tunisie illustre une stratégie de concentration géographique de plus en plus assumée par les développeurs renouvelables de taille intermédiaire. Plutôt que de disperser leurs ressources sur des marchés multiples, des groupes comme Voltalia font le choix de capitaliser sur leur connaissance locale, leurs relations avec les institutions tunisiennes et leur réserve foncière déjà sécurisée pour multiplier les projets dans un seul pays.

Avec environ 400 MW en développement, Voltalia devient l’un des plus importants développeurs solaires étrangers en Tunisie. Cette présence significative lui confère des avantages opérationnels concrets : coûts de développement mutualisés, synergies dans la gestion des chantiers, relations privilégiées avec les autorités locales et les banques actives en Tunisie. Elle crée également un track record solide, précieux pour accéder aux prochains cycles d’appels d’offres.

Perspectives pour la filière solaire tunisienne en 2026-2027

La Tunisie s’est fixé l’objectif d’atteindre 35 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Avec moins de 10 % de renouvelables actuellement, l’effort à accomplir est considérable — mais les fondamentaux sont là : un ensoleillement parmi les meilleurs du Maghreb, un cadre réglementaire pour les IPP progressivement stabilisé, et une demande électrique en croissance modérée qui laisse de la place aux nouvelles capacités renouvelables.

En 2026, les centrales en cours de construction ou d’études — Scatec à Mezzouna, Voltalia à Sagdoud et Menzel Habib, et bientôt Wadi — représentent collectivement plus de 600 MW de capacité photovoltaïque à livrer avant 2028. Ajoutés aux projets de la première phase (498 MWac attribués en décembre 2024 à Qair, Scatec et Voltalia), ce sont plus de 1 100 MW de nouvelles capacités solaires qui devraient entrer en service en Tunisie entre 2026 et 2028.

Pour les investisseurs et développeurs qui suivent l’Afrique du Nord, la Tunisie reste un marché à surveiller de près : ses appels d’offres sont réguliers, ses volumes augmentent, et les acteurs les mieux positionnés aujourd’hui bénéficieront d’un avantage structurel sur les prochains cycles.