La date limite de soumission pour 500 MW solaires au Sénégal se rapproche. Elle était fixée au 22 avril 2026. Les deux sites — Linguère (200 MWc) et Kolda (300 MWc) — sont chacun associés à des systèmes de stockage batterie (BESS), pour un total de 100 MW et 400 MWh.
Deux sites, 500 MW solaires, 400 MWh de stockage : le périmètre de l’appel d’offres
Le lot de Linguère porte sur 200 MWc de PV couplés à un système de stockage batterie, dans la région de Louga, zone sahélienne à fort rayonnement solaire. Celui de Kolda porte sur 300 MWc, également avec BESS intégré, dans la région de Casamance méridionale, zone historiquement sous-électrifiée. La durée de construction prévue est de 24 mois pour chacun des deux lots.
La combinaison PV + BESS sur les deux sites traduit une préoccupation de stabilité réseau : les systèmes de stockage permettront de décaler l’injection hors des pics de production solaire et d’assurer une disponibilité nocturne partielle. Ce couplage systématique PV + stockage sur de grands projets est une évolution notable par rapport aux appels d’offres précédents de Senelec.
Modèle EPCF : le financement pris en charge par le lauréat
Le modèle contractuel retenu par Senelec est l’EPCF — Engineering, Procurement, Construction and Finance. Dans ce schéma, le soumissionnaire gagnant apporte non seulement les capacités techniques d’ingénierie et de construction (EPC), mais aussi le financement du projet. Senelec ne débourse pas de capital en phase de construction : elle s’engage sur un PPA à long terme qui sert de garantie au remboursement.
Les financements adossés à ce type de modèle mobilisent généralement des banques de développement (BAD, Proparco, BEI, KfW, IFC) en first loss ou en garantie partielle. Des acteurs comme CNTIC (groupe chinois, déjà présent au Sénégal avec deux projets 50 MW + 90 MWh signés en juillet 2025) ou des développeurs IPP africains seront potentiellement compétitifs sur ces lots.

Sénégal : 671 MW solaires installés, 40 % ENR visés d’ici 2030
Le Sénégal dispose en 2026 d’une capacité solaire installée de 671 MW (AFSIA/GOGLA), 3ème en Afrique de l’Ouest. La capacité électrique totale installée dépasse 1 800 MW. Les 500 MW de l’appel d’offres représentent une augmentation de la capacité renouvelable d’environ 74 % par rapport au solaire actuel.
Le Pacte national de l’énergie fixe deux objectifs : accès universel à l’électricité d’ici 2029 et 40 % d’ENR dans le mix d’ici 2030. La centrale BESS de Diass (56 MW/56 MWh, KfW + AFD), dont la première pierre a été posée en avril 2026, illustre que le Sénégal avance simultanément sur la production solaire et le stockage.
Signal de marché pour les développeurs actifs en Afrique de l’Ouest
Avec une date limite au 22 avril 2026, l’appel d’offres est opérationnel et urgent. La taille des lots (200 et 300 MWc) place cet appel d’offres parmi les plus importants jamais lancés en Afrique subsaharienne francophone. L’intégration systématique du BESS dans les deux lots témoigne d’une maturité croissante de la planification réseau : Senelec ne cherche plus seulement des MWc supplémentaires, elle cherche de la flexibilité. Ce mouvement est cohérent avec les engagements JETP du Sénégal (2,5 milliards d’euros).










Leave a Reply