Naqaa Sustainable Energy

Botswana : Naqaa Sustainable Energy et BPC signent le plus grand projet solaire de l’histoire du pays — 500 MW + 500 MWh de stockage à Maun

500 MW photovoltaïques et 500 MWh de stockage par batteries. C’est la capacité que Naqaa Sustainable Energy, filiale du groupe omanais O-Green, va développer dans la ville de Maun, au nord-ouest du Botswana, après la signature d’un accord d’achat d’électricité (PPA) sur 30 ans avec Botswana Power Corporation (BPC). La transaction — confirmée en avril 2026 — place ce projet parmi les plus significatifs d’Afrique australe et marque l’entrée du Botswana dans la catégorie des marchés solaires de grande envergure.

500 MW à Maun : un projet dimensionnant pour le Botswana

La centrale sera implantée près de Maun, capitale du district de Ngamiland dans le nord du Botswana, à proximité du delta de l’Okavango. Le site bénéficie d’un rayonnement solaire global horizontal (GHI) parmi les plus élevés d’Afrique australe, avec plus de 2 200 kWh/m²/an selon les données de la Banque mondiale.

La mise en service commerciale (COD) est prévue au premier trimestre 2029, selon les termes du contrat signé entre BPC et O-Green. La durée de vie opérationnelle minimale du projet est fixée à 25 ans. Le BESS de 500 MWh permettra d’absorber l’énergie solaire produite en journée et de la restituer pendant les pics de demande en soirée et le matin.

Avec 500 MW, ce projet représente à lui seul une capacité supérieure à l’ensemble des énergies renouvelables actuellement installées au Botswana.

Naqaa Sustainable Energy et l’Oman Investment Authority

Naqaa Sustainable Energy est une filiale d’O-Green, elle-même bras opérationnel de l’Oman Investment Authority (OIA), le fonds souverain du Sultanat d’Oman qui gère plus de 53 milliards de dollars d’actifs. O-Green a été créée spécifiquement pour investir dans les énergies propres à l’international, avec une stratégie axée sur les marchés émergents à fort potentiel solaire.

Naqaa sera chargée de la conception, du financement, de la construction et de l’exploitation du projet pour toute la durée du PPA. Le financement sera structuré principalement sur les fonds propres d’OIA — les estimations du marché situent l’investissement total autour de 650 à 700 millions de dollars.

L’entrée de capitaux souverains du Golfe dans les ENR d’Afrique australe s’inscrit dans une tendance observable depuis 2024, portée par des fonds comme TAQA (Abu Dhabi) ou l’OIA (Oman) qui cherchent à diversifier leurs portefeuilles énergétiques.

Naqaa Sustainable Energy

Un modèle IPP avec PPA 30 ans : ce que BPC achète exactement

L’accord signé entre BPC et O-Green couvre le développement, le financement et la maintenance de la centrale sur 30 ans. BPC achètera l’intégralité de la production dans le cadre d’un tarif d’achat fixe, offrant à Naqaa la visibilité sur les flux de trésorerie nécessaire au financement de l’infrastructure.

Le système de stockage BESS de 500 MWh — intégré dès la conception — est un élément différenciant. Pour BPC, qui gère un réseau isolé sous-alimenté par des importations d’électricité d’Afrique du Sud (Eskom), la capacité de restitution nocturne du BESS est un atout opérationnel majeur.

Le Botswana, pays dépendant du charbon, face à sa transition énergétique

Le Botswana possède des réserves de charbon parmi les plus importantes d’Afrique — estimées à 212 milliards de tonnes selon le gouvernement botswanais. Cette abondance a longtemps conduit le pays à structurer son électricité autour de la centrale thermique de Morupule (900 MW installés), qui fonctionne en déficit structurel de production depuis plusieurs années.

En conséquence, le Botswana importe régulièrement entre 30 et 40 % de sa consommation électrique, principalement auprès d’Eskom et de la Southern African Power Pool (SAPP). Le gouvernement a fixé un objectif de 50 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Le projet de Maun représentera, à lui seul, une contribution décisive à cet objectif.

image representative de la centrale solaire de Naqaa Sustainable Energy

Implications pour l’investissement ENR en Afrique australe

L’Afrique australe est en train de devenir l’une des régions les plus dynamiques pour l’investissement solaire sur le continent. L’Afrique du Sud a franchi 9 GW de capacité photovoltaïque en 2026 ; la Zambie et le Zimbabwe ont signé des projets de grande taille ces derniers mois ; et maintenant, le Botswana entre dans la course avec 500 MW.

Pour les développeurs et investisseurs, ce projet illustre deux tendances : la volonté croissante des fonds souverains du Golfe d’entrer directement dans les projets ENR africains ; et la montée en puissance de marchés jusqu’ici négligés — Botswana, Zimbabwe, Zambie — comme alternatives crédibles à l’Afrique du Sud.