image de la demande C&I pour le marché solaire africain

Le marché solaire africain se diversifie à mi-2026 : la demande C&I franchit un nouveau seuil

Plusieurs indicateurs convergent : le solaire africain n’est plus un marché à deux vitesses avec Afrique du Sud d’un côté et le reste du continent de l’autre. La demande C&I prend de l’ampleur dans au moins 25 pays.

Les données d’installation solaire en Afrique au premier semestre 2026 dessinent une tendance claire : le marché continental est entré dans une phase de diversification géographique et sectorielle. L’Africa Solar Industry Association (AFSIA) a recensé environ 2,7 GWp de capacité solaire déployée sur le continent entre janvier et juin 2026 — à comparer aux 3,5 GWp comptabilisés sur l’ensemble de l’année 2025. À ce rythme, 2026 devrait établir un nouveau record annuel.

2,7 GWp au premier semestre 2026 : le rythme d’installation s’emballe

Les 2,7 GWp du premier semestre 2026 constituent un plancher, les données AFSIA intégrant principalement les projets utility-scale et les projets C&I significatifs. En 2025, l’AFSIA avait tracké 3,5 GWp pour l’ensemble de l’année.

Cette accélération s’inscrit dans un contexte macroéconomique favorable : les prix des modules photovoltaïques ont atteint des niveaux historiquement bas courant 2025, avec des coûts inférieurs à 0,10 $/Wc pour les modules standard en grande commande. La combinaison de ce prix bas et des tarifs d’électricité conventionnelle en hausse dans la plupart des réseaux africains a réduit le temps de retour sur investissement dans les projets C&I à moins de 5 ans dans plusieurs marchés.

La demande C&I hors Afrique du Sud : 25 marchés actifs

L’Afrique du Sud a longtemps dominé les statistiques d’installation solaire continentales. La nouveauté à mi-2026, c’est la progression rapide des marchés hors Afrique du Sud. Selon les données d’Ember (12 mois à juin 2025), 25 pays africains ont importé au moins 100 MW de modules solaires chacun — contre 15 pays l’année précédente.

En tête : l’Algérie (déploiement massif du programme 3 200 MW), l’Égypte, le Nigeria et le Ghana pour le segment off-grid et C&I. Le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Tanzanie et le Kenya ont tous franchi des seuils symboliques en matière de déploiement C&I privé.

image de solaire C&I pour le marché solaire africain

Les importations de modules comme thermomètre du marché

L’Afrique a importé 15 032 MW de capacité sur les 12 mois à juin 2025 — soit une hausse de 60 % sur un an, selon Ember. Ce chiffre reflète la profondeur du pipeline en cours de matérialisation.

L’Algérie se distingue par un bond de 33 fois ses importations de modules sur cette période, en lien direct avec le programme gouvernemental de 3 200 MW. L’Égypte, le Maroc et la Tunisie maintiennent des volumes supérieurs à 850 MW chacun.

Qui installe quoi et où : les nouveaux marchés frontières

Le Nigeria accélère son déploiement C&I : les importateurs locaux de modules PV ont significativement augmenté leurs volumes. Le programme DARES (750 M$) lancé en 2025 commence à produire ses premiers effets. La Tanzanie a enregistré sa première mise en service utility-scale significative avec la centrale de Kishapu (50 MW Phase 1, juin 2026).

Le Ghana consolide son marché C&I, porté notamment par le partenariat Daystar Power / Nestlé opérationnel depuis cette semaine. La Côte d’Ivoire avance sur son objectif de 600 MW de solaire d’ici fin 2026 avec plusieurs projets en construction simultanée.

Les freins structurels qui persistent

L’accélération des déploiements ne doit pas masquer les contraintes structurelles. La capacité de raccordement au réseau reste le principal goulot d’étranglement dans la majorité des pays africains. Les opérateurs de réseau publics n’ont pas toujours les moyens techniques ou financiers d’absorber rapidement de nouvelles capacités solaires.

Le financement de projet en devise locale reste difficile. La majorité des projets solaires d’échelle significative en Afrique sont financés en dollars ou en euros, exposant les développeurs à un risque de change structurel. La concurrence des modules PV à bas coût accélère la consolidation du marché autour d’opérateurs régionaux capables d’atteindre des économies d’échelle.

Perspectives pour le second semestre 2026 et au-delà

Rystad Energy a estimé que 17 GW de nouvelle capacité de production d’électricité seraient ajoutés en Afrique en 2026, dont 9 GW de solaire — soit plus de la moitié. Ce chiffre représenterait une accélération significative par rapport aux 11,3 GW toutes technologies confondues ajoutés en 2025.

Les pipelines de projets en cours de financement au second semestre 2026; en Afrique du Sud (Infinity Power, 773 MW EPC signé à l’AEF), en RDC (GreenCo/SafiriPower, 50 MW Kolwezi), en Zambie, en Égypte et au Maroc; alimenteront les chiffres d’installation de 2027 et 2028. Le solaire africain a atteint un point d’inflexion documenté.