Le Private Infrastructure Development Group (PIDG), via sa branche d’investissement InfraCo Africa, a annoncé en avril 2026 un financement de 4,3 millions d’euros en faveur d’Afreenergy Solar pour le développement du solaire commercial et industriel, une entreprise sénégalaise fondée par des entrepreneurs locaux. Les fonds sont destinés au déploiement d’une première phase de 30 MW de systèmes photovoltaïques et 10 MWh de batteries dans le solaire commercial et industriel (C&I) au Sénégal, avec un plan d’expansion vers l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest.
PIDG est un groupe d’infrastructure privée soutenu par plusieurs gouvernements donateurs — Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Suisse, Australie et Union européenne. InfraCo Africa intervient dans des projets qui n’attirent pas encore le financement commercial, avec pour objectif de catalyser l’investissement privé en prenant en charge les phases de développement les plus risquées.
Un ticket d’entrée PIDG pour le solaire commercial et industriel C&I sénégalais
Le financement de 4,3 millions d’euros couvre le développement et le déploiement d’une phase initiale de projets C&I : audits énergétiques, structuration des contrats d’énergie (PPA ou contrats de service), acquisition des équipements, et renforcement des capacités internes d’Afreenergy Solar. Pour Afreenergy, ce partenariat avec PIDG apporte l’accès aux ressources financières et la crédibilité institutionnelle qui facilite les négociations avec des clients industriels.
Afreenergy Solar : profil et positionnement
Afreenergy Solar est fondée par des entrepreneurs sénégalais, avec un ancrage local assumé. Ce positionnement est au cœur de l’argumentaire de PIDG, qui cherche à soutenir des entités à capitaux africains capables de construire des marchés C&I durables. Le modèle économique repose sur des contrats d’approvisionnement en énergie solaire avec des entreprises industrielles et commerciales — hôtels, usines agroalimentaires, zones franches, PME manufacturières.

Le périmètre de la phase 1 : 30 MW et 10 MWh BESS
La phase 1 porte sur 30 MW de puissance photovoltaïque et 10 MWh de stockage par batterie. Ces chiffres correspondent à des déploiements multi-sites. La composante BESS de 10 MWh optimise l’autoconsommation sur les sites à fort décalage entre la production solaire diurne et la consommation en soirée.
À l’échelle de 30 MW, la phase 1 représente environ 13 % de la capacité solaire sénégalaise actuelle (estimée à 226 MW début 2026). Le segment C&I reste structurellement sous-développé au Sénégal, en partie du fait de l’absence de financement disponible et du manque de développeurs locaux capitalisés.
La structure de financement InfraCo et ses conditions d’intervention
InfraCo Africa intervient dans des pays où les marchés des capitaux privés sont insuffisamment développés pour financer les stades précoces du développement de projet renouvelable. Au Sénégal, la dette locale disponible pour les projets ENR reste limitée en maturité et en coût. InfraCo peut intervenir sous forme de participation au capital, de quasi-fonds propres ou de prêt convertible.
Le marché du solaire C&I au Sénégal : état des lieux
Le Sénégal dispose d’un potentiel solaire substantiel — plus de 2 600 heures d’ensoleillement par an — et d’un secteur industriel en développement, soutenu par la production de gaz (champs de Saint-Louis et Sangomar, opérationnels depuis 2024). Les délestages restent fréquents hors de Dakar : pour les entreprises industrielles, le solaire avec stockage représente une solution de fiabilisation, pas seulement de réduction de coût.
Un modèle de déploiement régional pour l’Afrique de l’Ouest et centrale
Afreenergy Solar prévoit d’étendre son activité vers d’autres marchés d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale après la phase sénégalaise. Plusieurs pays de la CEDEAO — Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun — ont des marchés C&I plus développés, servant de référence pour les modèles économiques qu’Afreenergy cherche à répliquer. Pour PIDG, l’investissement s’inscrit dans une thèse de soutien aux champions locaux du C&I solaire capables de construire des portefeuilles récurrents à l’échelle régionale.











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