Image de mini-réseaux solaires

WeLight prépare un programme de 650 M$ pour étendre ses mini-réseaux solaires au Nigeria et en RDC

L’opérateur panafricain de mini-réseaux solaires WeLight a confirmé, entre le 1er et le 10 juillet 2026, l’ouverture de son capital à l’International Finance Corporation (IFC) et le lancement d’un programme d’investissement de 650 M$ destiné à multiplier par dix le nombre de personnes raccordées à ses réseaux d’ici 2030. L’objectif affiché par l’entreprise est d’atteindre un million de nouveaux branchements sur la période, portant à environ 10 millions le nombre de bénéficiaires de ses infrastructures.

Fondée et dirigée par son directeur général Romain de Villeneuve, WeLight opère aujourd’hui près de 190 mini-réseaux en Afrique subsaharienne, desservant plus de 800 000 personnes principalement à Madagascar et au Mali. Le programme annoncé cette semaine doit porter ce chiffre à plus de 1 000 mini-réseaux d’ici la fin de la décennie.

L’IFC rejoint l’actionnariat via une levée de 27 M€

La première étape de cette annonce, communiquée le 1er juillet, porte sur une levée de fonds de 27 M€ (environ 31 M$) à l’occasion de laquelle l’IFC — bras financier privé du groupe Banque mondiale — rejoint l’actionnariat de WeLight aux côtés des investisseurs déjà présents au capital : AXIAN, Norfund et Sagemcom.

Cette entrée au capital d’une institution de financement du développement (DFI) de premier rang constitue un signal de crédibilité pour un opérateur de mini-réseaux solaires dont le modèle économique — facturation à l’usage auprès de ménages et de petites entreprises rurales — reste structurellement plus risqué que les grands projets utility-scale adossés à des PPA souverains ou industriels.

Un programme d’investissement de 650 M$ sur cinq pays

Neuf jours plus tard, WeLight précisait l’ampleur de ses ambitions en dévoilant un programme d’investissement total de 650 M$, réparti sur cinq pays africains. Environ 450 M$ de cette enveloppe doivent être consacrés à l’entrée de l’entreprise sur deux nouveaux marchés, le Nigeria et la République démocratique du Congo (RDC), tandis que les 200 M$ restants financeront le renforcement des opérations de minis-réseaux solaires existantes à Madagascar et au Mali ainsi que l’entrée dans un cinquième pays africain, non encore désigné publiquement.

Cette répartition traduit un arbitrage stratégique clair : les deux marchés d’entrée — Nigeria et RDC — concentrent près de 70 % de l’enveloppe totale, reflétant à la fois leur taille de marché considérable et le coût plus élevé d’un déploiement dans des pays où WeLight ne dispose pas encore d’ancrage opérationnel.

Image de mini-réseaux solaires

Nigeria et RDC : les deux nouveaux marchés prioritaires

Le choix du Nigeria et de la RDC comme marchés prioritaires s’explique par la combinaison de deux facteurs mis en avant par l’entreprise : l’ampleur de leurs populations respectives et l’importance de leur déficit d’accès à l’électricité. Les deux pays figurent parmi les priorités du programme Mission 300, l’initiative conjointe du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement visant à raccorder 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici 2030.

Le Nigeria, où le seuil réglementaire de capacité autorisée pour les mini-réseaux interconnectés a été relevé à 10 MW en 2026 par le régulateur NERC, offre un cadre récemment assoupli pour les opérateurs privés. La RDC, de son côté, concentre un déficit d’accès parmi les plus importants du continent, avec une population rurale largement non desservie par le réseau national.

Ces deux marchés se distinguent aussi par leur taille : à eux seuls, le Nigeria et la RDC rassemblent plus de 300 millions d’habitants, un potentiel de clientèle sans commune mesure avec les marchés malgache et malien où WeLight opère aujourd’hui. Cette différence d’échelle explique en partie pourquoi l’entreprise y consacre l’essentiel de son enveloppe d’investissement, malgré les coûts d’entrée plus élevés associés à un déploiement sur un territoire inconnu.

Un montage financier appuyé sur les fonds de développement

Romain de Villeneuve a précisé la structure de financement envisagée pour le programme de 650 M$ : environ la moitié des fonds proviendrait de programmes de soutien aux énergies renouvelables adossés à des institutions de développement, notamment l’initiative DARES au Nigeria — soutenue par la Banque mondiale — et le Mwinda Fund en RDC. L’autre moitié combinerait des apports en capital des actionnaires existants et nouveaux, ainsi que des prêts concessionnels.

Cette structure hybride, mêlant subventions liées à des programmes publics, capitaux privés et dette concessionnelle, correspond au montage désormais standard pour les grands opérateurs de mini-réseaux africains, dont le modèle reste dépendant d’un cofinancement public pour compenser le coût élevé du dernier kilomètre en zone rurale.

Ce que la trajectoire de WeLight dit du marché des mini-réseaux africains

L’ambition affichée par WeLight — devenir la plateforme panafricaine de référence pour les mini-réseaux solaires — s’inscrit dans une consolidation progressive du secteur, où quelques opérateurs de taille critique (WeLight, mais aussi des acteurs comme Renewvia ou PowerGen) captent une part croissante du financement disponible au détriment de projets plus fragmentés.

Pour les investisseurs suivant le secteur, le passage de WeLight de deux à cinq pays d’opération, combiné à un ticket d’investissement de 650 M$, marquera un test significatif : la capacité de l’entreprise à répliquer son modèle malgache et malien dans des contextes réglementaires et logistiques nettement plus complexes, au Nigeria comme en RDC.