cloture du financement de la central solaire sidi bouzid

Tunisie : Scatec et Aeolus bouclent le financement de Sidi Bouzid II, la MIGA garantit 13,05 M€

Scatec boucle le financement de Sidi Bouzid II. Le developpeur a annoncé avoir atteint le closing financier de son projet solaire Sidi Bouzid II, en Tunisie, le 17 juin 2026, avant que la Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), organe du groupe Banque mondiale, ne confirme le 1er juillet l’octroi d’une garantie de 13,05 M€ (14,86 M$) sur vingt ans pour sécuriser l’investissement de son partenaire dans le projet. La centrale, d’une capacité de 120 MWc, doit être construite à Mezzouna, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie.

Le projet est désormais entré en phase de construction, un peu plus de deux ans après la signature de l’accord d’achat d’électricité qui en constitue le socle contractuel.

Financial close le 17 juin, garantie MIGA le 1er juillet

L’annonce du financial close par Scatec, le 17 juin, a précédé de deux semaines la confirmation officielle de la garantie MIGA, publiée le 1er juillet par l’agence multilatérale. Ce séquencement — closing financier d’abord, garantie de risque politique et de crédit ensuite — est courant sur les projets adossés à des financements d’institutions de développement, la garantie MIGA venant sécuriser a posteriori l’investissement en capital de l’un des partenaires du projet plutôt que conditionner le closing lui-même.

La garantie porte spécifiquement sur l’investissement d’Aeolus SAS, partenaire de développement de Scatec sur ce projet, dans la société de projet Scatec Khobna PV Power SARL, chargée de construire, détenir et exploiter la centrale de Mezzouna.

Un projet de 120 MWc à Mezzouna porté à parts égales avec Aeolus SAS

Sidi Bouzid II est développé à parts égales entre Scatec et Aeolus SAS, coentreprise réunissant des filiales de Toyota Tsusho Corporation, d’Eurus Energy Holdings et de CFAO SAS. Cette structure associe donc un développeur solaire scandinave de premier plan; Scatec dispose déjà de plusieurs actifs opérationnels en Tunisie et en Égypte; à un consortium japonais disposant d’une expérience étendue dans l’énergie et le trading en Afrique via CFAO.

Le projet, budgété à 96 M€, inclut environ 12 kilomètres de lignes de transmission haute tension nécessaires pour raccorder la centrale de Mezzouna au réseau national. Cette infrastructure de raccordement dédiée illustre le coût additionnel que représente le développement solaire dans des zones rurales tunisiennes encore peu connectées au réseau à haute tension.

Pour Scatec, ce projet s’ajoute à un portefeuille tunisien déjà conséquent, construit progressivement depuis plusieurs années à travers différents rounds d’appels d’offres de l’ANME. La capacité du développeur norvégien à enchaîner les financial close sur des projets successifs dans le pays traduit une connaissance approfondie du cadre réglementaire local et des exigences des bailleurs multilatéraux actifs en Tunisie.

financement de la centrale Sidi Bouzid en tunisie

Un montage financier à plusieurs strates : BERD, BEI et fonds européens

Le financement de Sidi Bouzid II combine plusieurs strates institutionnelles. Les prêteurs seniors sont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d’investissement (BEI). Le projet bénéficie en complément d’une subvention accordée au titre de la Plateforme d’investissement de voisinage de l’Union européenne, ainsi que de garanties délivrées dans le cadre du Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+).

La garantie MIGA de 13,05 M€ vient s’ajouter à ce financement, sans s’y substituer : elle ne couvre pas la dette senior BERD/BEI, mais spécifiquement l’investissement en capital d’Aeolus SAS, réduisant le risque perçu par ce partenaire sur un marché tunisien où la conversion de devises et la stabilité réglementaire restent des points de vigilance pour les investisseurs internationaux.

Un PPA de 25 ans avec la STEG signé dès mars 2025

L’électricité produite par Sidi Bouzid II sera vendue à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) de 25 ans, signé en mars 2025. Ce délai de plus d’un an entre la signature du PPA et le closing financier reflète le temps nécessaire pour boucler un montage associant plusieurs bailleurs multilatéraux et un partenaire de capital japonais, chacun avec ses propres exigences de due diligence.

La durée du PPA — 25 ans — s’inscrit dans la norme désormais observée sur les grands projets solaires tunisiens sous régime de concession, offrant aux prêteurs une visibilité de revenus suffisante pour amortir l’investissement initial sur le long terme.

Sidi Bouzid, nouvelle géographie du solaire tunisien

Le gouvernorat de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, s’affirme progressivement comme l’une des zones de concentration du développement solaire tunisien, aux côtés de Tozeur et de Kairouan. Cette dynamique régionale s’inscrit dans le cadre plus large du programme national tunisien de développement des énergies renouvelables, porté par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) via plusieurs rounds d’appels d’offres successifs depuis 2023.

Pour les acteurs du marché tunisien, le financement de Sidi Bouzid II confirme la capacité de Scatec à mobiliser des partenaires de capital extérieurs à son cercle habituel d’investisseurs scandinaves et européens — une diversification qui pourrait faciliter le financement de projets futurs dans un contexte où l’accès au financement en devises reste un enjeu structurant pour le secteur solaire tunisien.