image aerienne de centrale solaire pour une mine. énergie solaire minière

Énergie solaire minière : la RDC mise sur le photovoltaïque pour décarboner ses bassins miniers stratégiques avec 15 millions USD

L’énergie solaire minière s’impose progressivement comme une solution crédible et compétitive pour répondre aux besoins énergétiques des sites extractifs en Afrique. En République démocratique du Congo (RDC), un nouveau projet solaire de 15 millions USD, annoncé début 2026, illustre cette dynamique : il vise à alimenter l’un des bassins miniers majeurs du pays, dans un contexte de forte pression sur les infrastructures électriques nationales et de montée en puissance des exigences ESG dans le secteur minier.

Un projet solaire stratégique au cœur d’un bassin minier clé

Le projet repose sur le déploiement d’une centrale photovoltaïque destinée à sécuriser l’approvisionnement électrique d’un bassin minier stratégique de la zone minière LCS, fortement dépendant jusqu’ici de groupes électrogènes diesel coûteux et polluants. L’investissement, estimé à 15 millions USD, s’inscrit dans une logique d’optimisation des coûts opérationnels et de réduction de l’empreinte carbone des activités minières.

Ce type d’initiative n’est pas anodin dans un pays où le secteur minier représente une part significative du PIB et des exportations, notamment pour le cuivre, le cobalt et d’autres minerais critiques pour la transition énergétique mondiale.

La RDC face au défi énergétique du secteur minier

La République démocratique du Congo dispose d’un potentiel énergétique considérable, notamment hydroélectrique, mais fait face à des contraintes structurelles importantes : insuffisance du réseau, pertes techniques élevées, vétusté des infrastructures et difficultés d’accès à l’électricité dans les zones enclavées.

Dans ce contexte, de nombreux sites miniers opèrent en autoproduction, historiquement dominée par le diesel. Or, la volatilité des prix des carburants, les coûts logistiques et les engagements climatiques des groupes miniers internationaux poussent aujourd’hui vers des alternatives plus durables.

L’énergie solaire minière apparaît ainsi comme une réponse pragmatique, particulièrement adaptée aux sites éloignés du réseau national ou confrontés à des coupures fréquentes.

Une tendance continentale confirmée

Au-delà de la RDC, plusieurs projets récents confirment l’essor du solaire dans le secteur minier africain. En Zambie, des installations photovoltaïques hybrides ont été développées pour alimenter des mines de cuivre, combinant solaire et stockage par batteries afin de réduire la consommation de diesel. En Afrique de l’Ouest, des projets similaires voient le jour au Ghana, au Burkina Faso et au Mali, où les opérateurs miniers cherchent à sécuriser leur production tout en maîtrisant leurs coûts énergétiques.

Selon des analyses relayées par Reuters et Energy Global, le solaire représente désormais l’une des solutions privilégiées pour les mines de taille moyenne à grande, avec des modèles hybrides intégrant parfois du stockage ou des générateurs thermiques en back-up pour garantir la continuité de service.

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Énergie solaire minière : un levier économique avant tout

Si l’argument environnemental est souvent mis en avant, le principal moteur de ces projets reste économique. Le coût actualisé de l’électricité solaire a fortement chuté au cours de la dernière décennie, rendant le photovoltaïque particulièrement compétitif face au diesel, surtout dans des zones isolées.

Pour les opérateurs miniers, les bénéfices sont multiples :

  • Réduction des coûts opérationnels liés au carburant et à la maintenance des groupes électrogènes
  • Prévisibilité des coûts énergétiques sur la durée de vie du projet
  • Amélioration de la performance ESG, de plus en plus scrutée par les investisseurs et les bailleurs
  • Sécurisation de l’approvisionnement électrique, élément critique pour la continuité des opérations minières

Dans le cas du projet congolais, l’investissement de 15 millions USD pourrait permettre une réduction significative des dépenses énergétiques annuelles, tout en limitant l’exposition aux fluctuations du marché pétrolier.

Un montage technique adapté aux contraintes minières

Les centrales solaires destinées aux sites miniers présentent des spécificités techniques importantes. Elles sont généralement conçues comme des systèmes off-grid ou hybridés, capables de fonctionner de manière autonome ou en complément d’une source existante.

Les projets récents en Afrique intègrent de plus en plus :

  • des systèmes de stockage par batteries (BESS) pour lisser la production
  • une gestion intelligente de l’énergie (EMS)
  • des générateurs thermiques conservés en secours

Cette approche hybride permet de garantir une alimentation continue, indispensable pour des activités industrielles sensibles aux interruptions.

La question du financement et de la bancabilité

Le financement demeure un enjeu clé pour l’essor de l’énergie solaire minière en Afrique. Toutefois, le profil des projets miniers — souvent portés par des groupes internationaux disposant de bilans solides — facilite la mobilisation de capitaux.

De plus, certains projets bénéficient de mécanismes innovants :

  • contrats d’achat d’électricité (PPA) privés
  • partenariats avec des développeurs IPP spécialisés
  • financement vert ou climatique

Des institutions financières internationales, telles que la Banque mondiale ou la BAD, soutiennent indirectement cette transition via des cadres favorables à l’électrification durable des industries extractives.

Impacts environnementaux et sociaux attendus

Au-delà des gains économiques, l’intégration du solaire dans les bassins miniers congolais peut générer des impacts positifs plus larges. La réduction de la consommation de diesel entraîne une baisse des émissions de CO₂, mais aussi des polluants locaux, améliorant les conditions de travail sur site.

Par ailleurs, ces projets peuvent favoriser le développement de compétences locales, notamment dans l’installation, l’exploitation et la maintenance des centrales solaires, contribuant ainsi à la structuration d’un écosystème énergétique local.

Un signal fort pour la transition énergétique congolaise

Le projet annoncé en RDC envoie un signal clair au marché : le solaire n’est plus réservé aux projets ruraux ou aux centrales connectées au réseau, mais devient un outil stratégique pour l’industrie lourde. À mesure que la demande mondiale en minerais critiques augmente, la pression pour produire de manière plus durable s’intensifie.

Dans ce contexte, l’énergie solaire minière pourrait jouer un rôle déterminant dans la modernisation du secteur extractif africain, en conciliant compétitivité économique, sécurité énergétique et objectifs climatiques.

Perspectives : vers des mines 100 % renouvelables ?

Si le solaire seul ne peut encore couvrir l’ensemble des besoins énergétiques des grandes mines, les progrès rapides du stockage et des systèmes hybrides ouvrent la voie à des configurations de plus en plus décarbonées. À moyen terme, certains sites pourraient atteindre des taux de pénétration renouvelable supérieurs à 50 %, voire davantage dans les régions fortement ensoleillées comme le sud de la RDC.

Le projet de 15 millions USD récemment annoncé pourrait ainsi servir de référence pour d’autres initiatives similaires, tant en Afrique centrale que dans le reste du continent.