La mise en service de 202 MW de capacités solaires par le groupe OCP marque bien plus qu’une simple addition d’infrastructures énergétiques. Avec OCP SolarShift, le leader mondial des phosphates engage une transformation profonde de son modèle industriel, alignant compétitivité, souveraineté énergétique et trajectoire climatique à long terme. Cette première phase concrète d’un programme renouvelable d’envergure place le groupe au cœur de la transition énergétique industrielle au Maroc et en Afrique.
Déployées sur trois sites stratégiques – Ouled Fares (105 MW), Benguerir (67 MW) et Foum Tizi (30 MW) – ces centrales photovoltaïques constituent aujourd’hui le plus important parc solaire industriel opérationnel du pays. Elles s’inscrivent dans une vision structurée : alimenter progressivement l’ensemble des activités minières, chimiques et de transformation du groupe avec une énergie propre, compétitive et maîtrisée.
202 MW opérationnels : un tournant industriel majeur
Avec l’entrée en service de ces trois centrales, OCP devient l’un des premiers groupes industriels africains à produire à grande échelle sa propre électricité solaire. Le site d’Ouled Fares, situé dans la province de Khouribga, s’impose comme la plus grande centrale photovoltaïque actuellement en exploitation au Maroc, dépassant le seuil symbolique des 100 MW. Les installations de Benguerir et de Foum Tizi complètent un dispositif conçu pour répondre directement aux besoins énergétiques des bassins miniers et industriels du groupe.
L’investissement global pour cette première phase est estimé à environ 1,8 milliard de dirhams, traduisant une approche industrielle intégrée où l’énergie devient un levier stratégique, et non plus un simple poste de coût. Dès leur mise en service, ces centrales couvrent l’intégralité des besoins électriques diurnes de plusieurs sites clés, réduisant de manière immédiate la dépendance aux énergies fossiles et aux fluctuations du marché.
OCP SolarShift et la logique d’autoproduction énergétique
Au cœur d’OCP SolarShift se trouve une conviction claire : l’autoproduction d’énergie renouvelable est désormais un avantage compétitif décisif pour l’industrie lourde. Dans un contexte de volatilité des prix de l’électricité, de pression carbone accrue et de durcissement des exigences environnementales sur les marchés internationaux, produire sa propre énergie verte devient un facteur de résilience.
Pour OCP, cette stratégie permet de stabiliser les coûts de production, de sécuriser l’approvisionnement électrique et d’améliorer la prévisibilité opérationnelle de ses unités industrielles. Elle renforce également l’attractivité de ses engrais sur des marchés mondiaux de plus en plus sensibles à l’empreinte carbone des intrants agricoles.

Stockage et flexibilité : la brique technologique clé
La performance d’un système solaire industriel ne repose pas uniquement sur la capacité installée. À Benguerir, OCP a intégré un système de stockage par batteries de 25 MW, destiné à lisser la production, stocker l’énergie excédentaire en journée et la restituer lors des pics de consommation en soirée.
Cette composante de stockage apporte une flexibilité critique au dispositif énergétique. Elle améliore la stabilité de l’alimentation électrique, limite le recours aux sources thermiques de secours et préfigure une intégration plus poussée des renouvelables dans des environnements industriels exigeants. À terme, ces solutions hybrides solaire-stockage constituent un socle technologique réplicable sur d’autres sites du groupe.
Une trajectoire claire vers la neutralité carbone
La mise en service des 202 MW solaires s’inscrit dans le Green Investment Plan de 13 milliards de dollars lancé par OCP. Ce programme vise un objectif ambitieux : alimenter 100 % des opérations du groupe en énergie renouvelable d’ici 2027, puis atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040.
Au-delà de l’électricité, cette stratégie englobe également l’efficacité énergétique, la décarbonation des procédés industriels, l’usage accru de l’hydrogène vert et le dessalement de l’eau de mer alimenté par des énergies propres. L’énergie solaire constitue ainsi la pierre angulaire d’une transformation systémique du modèle industriel d’OCP.
Partenariats financiers et crédibilité internationale
Le succès de cette première phase repose aussi sur un montage financier robuste. Les projets solaires ont bénéficié du soutien de bailleurs internationaux de premier plan, notamment la Société Financière Internationale (IFC) et la banque allemande KfW. Ces institutions apportent non seulement des financements verts, mais aussi une validation technique, environnementale et économique des projets.
Ce soutien renforce la crédibilité du programme OCP SolarShift auprès des investisseurs internationaux et positionne le groupe comme un acteur de référence en matière de transition énergétique industrielle dans les marchés émergents.
Un impact direct sur la compétitivité industrielle
En internalisant une part croissante de sa production énergétique, OCP réduit son exposition aux chocs externes, qu’ils soient géopolitiques, climatiques ou liés aux marchés de l’énergie. Cette maîtrise énergétique se traduit par une réduction structurelle des coûts, un avantage déterminant dans une industrie mondiale des engrais fortement concurrentielle.
Elle permet également au groupe d’anticiper les futures réglementations carbone, notamment les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières, et de préserver l’accès à des marchés exigeants comme l’Union européenne.
Un signal fort pour l’industrie africaine
Au-delà d’OCP, ce programme envoie un message clair à l’ensemble du tissu industriel africain : la transition énergétique n’est plus un frein à la compétitivité, mais un accélérateur de performance et de souveraineté. OCP SolarShift démontre qu’il est possible, à grande échelle, d’intégrer des capacités renouvelables significatives dans des processus industriels lourds, sans compromettre la continuité opérationnelle.
Ce modèle est appelé à inspirer d’autres secteurs intensifs en énergie – ciment, mines, métallurgie, chimie – au Maroc et sur le continent.
Vers une capacité solaire industrielle dépassant 2 GW
Les 202 MW actuellement en service ne constituent qu’une étape. OCP prévoit d’atteindre 1,2 GW de capacités renouvelables installées d’ici 2027, avec une trajectoire qui pourrait porter ce volume au-delà de 2 GW à moyen terme. Ces extensions renforceront l’intégration du solaire, de l’éolien et du stockage dans le mix énergétique du groupe.
À mesure que ces capacités augmentent, OCP se positionne non seulement comme un consommateur d’énergie verte, mais aussi comme un acteur structurant de l’écosystème énergétique marocain.
OCP SolarShift comme référence industrielle globale
Avec ce programme, OCP rejoint le cercle restreint des groupes industriels mondiaux capables d’opérer une transition énergétique à grande échelle, tout en maintenant des niveaux élevés de production et de compétitivité. OCP SolarShift illustre une nouvelle génération de stratégies industrielles, où l’énergie propre devient un pilier de la performance économique, environnementale et sociale.
À l’heure où l’industrie mondiale cherche des modèles crédibles de décarbonation, l’expérience d’OCP offre une feuille de route concrète, adaptée aux réalités des marchés émergents et aux impératifs de souveraineté énergétique.








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