Le ministre ivoirien de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a lancé trois centrales solaires dans le nord du pays entre le 22 et le 24 octobre 2026 : Katiola (50 MWc), Tongon (52 MWc) et Binguébougou, près de Korhogo (50 MWc). Au total, ces centrales solaires de Côte d’Ivoire représentent 152 MWc, soit un volume supérieur à la capacité solaire déjà raccordée au réseau, que le ministre a située à 136 MW, selon Sika Finance.

Les trois projets n’en sont pas au même stade. Katiola et Binguébougou ont reçu leur première pierre, Tongon a fait l’objet d’un lancement officiel alors que son chantier n’est annoncé que pour 2027. Les capacités, elles, sont proches : 50 MWc pour deux d’entre elles, 52 MWc pour la troisième.
Le gouvernement vise 1 262 MWc de solaire injectés sur le réseau avant 2030, avec 45 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique, contre 55 % pour les sources conventionnelles. Une quinzaine d’autres centrales solaires sont annoncées ou en développement, dont Bondoukou, Odienné, Ferkessédougou et Soubré.
Trois centrales solaires lancées sur la tournée du ministre de l’Énergie
La tournée a commencé le jeudi 22 octobre à Katiola, s’est poursuivie le vendredi 23 à M’Bengué, où se situe Tongon, et s’est achevée le samedi 24 à Binguébougou. Les trois sites se trouvent dans le nord, dans les régions du Hambol et du Poro, une zone où l’ensoleillement et la disponibilité de terrains plats ont déjà attiré les centrales solaires de Boundiali et de Ferkessédougou.
Le parc solaire existant se compose notamment de Boundiali (84 MW) et de Ferkessédougou (52 MWc).
Dans chacune des trois communes, le ministre a insisté sur le recrutement local pour les centrales solaires. À Katiola, il a demandé que chaque emploi créé soit réservé en priorité aux habitants de la ville et du village de Lonankaha. À M’Bengué, il a formulé la même exigence pour les jeunes du département.
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Katiola : 50 MWc avec EDF et Toyota, financement BERD et Proparco en cours
Le projet de Katiola est porté par Katiola Solar Power, avec Toyota et Électricité de France (EDF) comme partenaires, selon KOACI. Il occupe une parcelle de 60 hectares à Lonankaha, mise à disposition par les propriétaires fonciers, et sera raccordé au réseau national par une ligne de 1,3 km. La mise en service est annoncée dans quinze mois, soit début 2028.
Le dossier a une longue histoire : un protocole d’accord signé en juillet 2021, puis un accord de projet en décembre 2024. Des lettres de mandat ont été signées avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et Proparco, la filiale de financement privé de l’Agence française de développement. La clôture financière (financial close) est attendue « dans les prochaines semaines », ce qui signifie que la première pierre a été posée avant que le financement soit bouclé.
Le chantier doit mobiliser environ 150 emplois directs, jusqu’à 350 personnes en pointe, et une vingtaine de postes permanents pour l’exploitation et la maintenance. L’électricité doit bénéficier à plus de 300 000 personnes. L’entreprise de construction a été choisie avec CI-Énergies, mais l’article ne la nomme pas, et le coût de la centrale n’est pas communiqué.
Tongon : 52 MWc pour 33 milliards de FCFA, chantier annoncé en 2027
À Tongon, le ministre a lancé le 23 octobre une centrale de 52 MWc estimée à 33 milliards de FCFA, sur environ 50 hectares dans le département de M’Bengué. Le promoteur est Tongon Solaire SAS, société à capitaux entièrement ivoiriens présidée par Abdoul Soukpafolo Koné. Dans le cadre d’une convention avec l’État, elle assurera la conception, le financement, la construction et l’exploitation de la centrale pendant 25 ans.
Le calendrier se démarque des deux autres sites : le début des travaux est annoncé pour 2027, et la mise en service « au plus tard à la mi-2028 ». Cela laisse moins de dix-huit mois de chantier si les travaux démarrent au premier semestre 2027. Les offres des entreprises candidates à la construction sont en cours d’analyse, et aucun contractant EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) n’est encore désigné.
La centrale doit alimenter environ 30 000 ménages, soit près de 300 000 personnes selon la source, et éviter environ 39 000 tonnes de CO2 par an. Environ 500 emplois sont annoncés pendant la construction. Le nom de l’acheteur de l’électricité n’est pas précisé dans les articles consultés.
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Binguébougou : AMEA Power finance 50 MWc sur fonds privés

La première pierre de Binguébougou a été posée le 24 octobre. La centrale de 50 MWc est portée par AMEA Power, groupe émirati, à travers la société Korhogo Solaire, dirigée par Joël Mania Musikingala. Le projet est « financé entièrement sur fonds privés », selon KOACI, pour un coût décrit comme « plusieurs dizaines de milliards de francs CFA », sans chiffre précis.
AMEA Power indique opérer dans plus de vingt pays, avec un portefeuille en développement supérieur à 6 GW. Le projet doit desservir plus de 100 000 foyers et plus de 300 000 personnes, et créer plusieurs centaines d’emplois pour les jeunes de Binguébougou et de Korhogo. Ni l’entreprise de construction, ni l’acheteur de l’électricité, ni la date de mise en service propre au site ne figurent dans l’article de KOACI ; Sika Finance rattache Binguébougou à la même échéance que Tongon, soit mi-2028 au plus tard.
Le ministre a demandé à AMEA Power de respecter scrupuleusement les délais de travaux. Cette demande vise un calendrier qui, d’après les sources, court sur un peu moins de deux ans.
Ce que 152 MWc changent pour le réseau ivoirien
Pris ensemble, Tongon et Binguébougou représentent 102 MWc, un volume qui égale presque le solaire déjà raccordé selon le ministre, tandis que Katiola ajoute 50 MWc. Ramené à l’objectif de 1 262 MWc en 2030, le trio couvre environ 12 % de la cible, soit 152 sur 1 262 MWc. Il reste donc plus de 1 100 MWc à engager, ce qui explique la quinzaine de projets encore au stade de l’annonce ou du développement.
Le ministre justifie ces centrales solaires par la hausse de la demande intérieure, le maintien des exportations vers les pays voisins et la réduction de la dépendance aux centrales thermiques. Aucun coût de renforcement du réseau n’est chiffré dans les sources, alors que les trois sites se concentrent dans le nord, loin des principaux centres de consommation : la question de l’évacuation de l’énergie vers Abidjan reste posée.
Sur le plan de la structure des projets, le trio montre trois montages différents : un promoteur national (Tongon Solaire), un développeur régional sur fonds propres (AMEA Power) et un consortium avec partenaires industriels et prêteurs de développement (Katiola). C’est une diversité utile pour juger la capacité du marché ivoirien à attirer des financements variés.
Calendriers et zones d’ombre à surveiller
Plusieurs éléments restent à confirmer. Pour Katiola, la clôture financière avec la BERD et Proparco n’a pas eu lieu ; sans elle, le calendrier de quinze mois reste conditionnel. Pour Tongon, le contractant EPC n’est pas choisi et le chantier n’a pas commencé ; la date de mi-2028 ne laisse que peu de marge. Pour Binguébougou, l’absence d’information sur l’acheteur et sur le contractant limite l’analyse.
Les sources se contredisent aussi sur certains points : la puissance de Boundiali (80 ou 84 MW) et la date de mise en service de Katiola (début 2028 d’après les quinze mois annoncés, mi-2028 d’après le rapprochement fait par Sika Finance). Solar Perspective suivra les annonces de clôture financière et de désignation des EPC, qui diront si l’objectif de 2028 est tenable.











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