Un projet de centrale solaire photovoltaïque de 120 MW est prévu à Remada Ouest, dans le gouvernorat de Tataouine, au sud de la Tunisie. Le gouverneur, Amir Berneji, l’a présenté le 22 septembre 2026, selon La Presse de Tunisie. L’investissement est estimé à près de 80 M€, pour une production d’environ 260 GWh par an. Le démarrage des travaux est fixé au deuxième trimestre 2027 et la mise en service à fin 2028.
L’annonce intervient sans que ni le développeur ni le bailleur de fonds ne soient nommés dans les sources consultées. L’étude d’impact environnemental et social a été présentée et reste ouverte aux propositions et observations, qui seront examinées avec le bailleur.
Les caractéristiques du projet de Remada Ouest
La centrale occupera environ 200 hectares dans la zone de Remada Ouest. Sa production annuelle estimée de 260 GWh correspond à la consommation de quelque 200 000 habitants, selon La Presse. L’évitement d’émissions est évalué à environ 130 000 tonnes de CO₂ par an.
Quelques ratios se déduisent de ces chiffres, à titre indicatif. Avec 260 GWh pour 120 MW, le rendement spécifique ressort à environ 2 170 kWh par kW installé, soit un facteur de charge proche de 25 %. L’investissement de 80 M€ pour 120 MW représente environ 0,67 M€ par MW. Ces calculs sont sur la base des chiffres officiels, et supposent que la puissance de 120 MW s’exprime en courant alternatif, ce que les sources ne précisent pas.
Le projet crée de nombreux emplois directs et indirects pendant le chantier et 10 à 15 emplois permanents en exploitation.

Le raccordement au réseau de la STEG
Le raccordement se fera par une ligne aérienne de 225 kV et de 2 km vers le réseau de la STEG (Société tunisienne de l’électricité et du gaz). Elle se branchera sur la ligne existante entre Borj Bourguiba et la centrale électrique de Tataouine.
Un raccordement court est un avantage pour le calendrier : la distance de 2 km limite les risques liés aux servitudes foncières et aux travaux de ligne. Aucun renforcement lourd du réseau n’est mentionné dans les sources pour évacuer les 120 MW.
Un calendrier qui vise fin 2028
Le calendrier est précis : début des travaux au deuxième trimestre 2027, durée contractuelle de réalisation de 15 à 18 mois, mise en service commerciale prévue à fin 2028. Entre l’annonce de septembre 2026 et le démarrage du chantier, il reste environ neuf mois pour clore la consultation sur l’étude d’impact, désigner les entreprises et finaliser le financement.
Le statut réglementaire du projet n’est pas indiqué. L’article de La Presse ne mentionne ni appel d’offres ni autorisation. Dans le cadre du régime d’autorisation tunisien, des projets de ce type ont fait l’objet d’un appel à projets dont Solar Perspective a rapporté les résultats en septembre, avec 309 projets pour 455 MW. On ne sait pas si Remada Ouest en fait partie.
Le financement : un bailleur non nommé
Le bailleur de fonds n’est pas encore identifié. L’étude d’impact sera examinée avec lui, ce qui est la pratique des institutions financières de développement, qui exigent des standards environnementaux et sociaux avant tout décaissement. Il serait prématuré d’avancer un nom.
Le montant de près de 80 M€ s’accorde avec l’ordre de grandeur d’un projet public ou semi-public. Enerdata convertit cette somme à environ 91 M$. En juillet 2026, La Presse avait par ailleurs rapporté une centrale solaire de 280 MD financée à 100 % par la Tunisie, preuve que des financements nationaux coexistent avec des financements extérieurs.
Le contexte tunisien : 913 MW installés en 2025
Selon Enerdata, la Tunisie disposait de 913 MW de solaire installé en 2025, soit environ 13 % de la capacité installée totale. L’objectif national est de 35 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité d’ici 2030. Remada Ouest, avec 120 MW, équivaudrait à environ 13 % du parc solaire de 2025 : 120 divisé par 913.
Le projet s’ajoute à d’autres initiatives. L’appel d’offres de 300 MW avec stockage à Kébili, lancé en mars 2026, et le projet de 120 MW de Sidi Bouzid II, dont Scatec a bouclé le financement en juin, montrent que le pays multiplie les filières : appels d’offres, régime d’autorisation et projets publics.
Le gouverneur a placé Remada Ouest dans la stratégie de l’État visant à réduire le déficit énergétique et à renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Les zones d’ombre à lever
Plusieurs informations manquent pour évaluer le projet : l’identité du développeur, celle du bailleur de fonds, le mode d’attribution du marché, le tarif de vente à la STEG et la nature du contrat d’achat. Le caractère alternatif ou continu de la puissance de 120 MW n’est pas précisé.
Il faudra suivre l’issue de la consultation sur l’étude d’impact, puis l’ouverture d’une procédure d’attribution avant le deuxième trimestre 2027. Si le calendrier se maintient, Remada Ouest ajouterait environ 260 GWh par an au système tunisien avant la fin de 2028.










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