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Tunisie : 309 projets solaires approuvés pour 455 MW dans le 6ème round du régime des autorisations

Le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a publié début septembre 2026 les résultats du 6ème round du régime des autorisations pour la production d’électricité solaire photovoltaïque. Sur les dossiers déposés entre le 15 avril et le 15 juin 2026, 309 projets solaires ont été retenus, pour une capacité cumulée de 455 MW.

Ce chiffre dépasse largement le volume initialement mis en jeu : l’appel à projets, lancé en avril 2026, portait sur 200 MW. Les 455 MW approuvés représentent donc une sur-souscription de 2,3 fois le volume appelé — un signal de la demande accumulée par les développeurs de taille intermédiaire sur ce segment du marché tunisien.

L’électricité produite par ces 309 installations sera intégralement revendue à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), seul acheteur autorisé dans le cadre de ce régime. Leur mise en construction effective dépend désormais de l’obtention des accords de principe définitifs, du financement et du raccordement aux points identifiés sur les réseaux HTA et HTB.

Résultats du 6ème round : 455 MW retenus pour 200 MW appelés

Le régime des autorisations fonctionne sur un principe différent d’un appel d’offres classique : les projets ne sont pas départagés sur le prix, mais retenus par ordre d’arrivée des dossiers complets, dans la limite des capacités disponibles sur le réseau aux points de raccordement visés. Le volume de 200 MW annoncé en avril 2026 constituait donc un plafond indicatif, susceptible d’être dépassé si suffisamment de dossiers recevables se présentaient dans la fenêtre de dépôt.

C’est exactement ce qui s’est produit. Le ministère a reçu un nombre de candidatures recevables suffisant pour porter la capacité totale retenue à 455 MW, plus du double du volume initial. Ce dépassement traduit un intérêt soutenu des porteurs de projets tunisiens pour ce mécanisme, deux ans après la décision ministérielle d’octobre 2024 qui en a fixé le cadre tarifaire.

Répartition des projets : trois catégories de puissance, un tarif dégressif

Les 309 projets retenus se répartissent en trois catégories de puissance, chacune associée à un tarif d’achat distinct. La première catégorie compte 187 projets d’une puissance unitaire de 1 MW, pour un total de 187 MW. La deuxième rassemble 119 projets de 2 MW chacun, soit 238 MW. La troisième, plus restreinte, regroupe 3 projets de 10 MW, la puissance plafond autorisée pour le solaire dans ce régime, portant 30 MW supplémentaires.

Cette architecture cible délibérément les développeurs de taille intermédiaire; PME, propriétaires fonciers, petits investisseurs, plutôt que les grands acteurs utility-scale qui opèrent dans le cadre du régime des concessions, à l’image d’AMEA Power et ses 120 MWp à Kairouan. Le plafond de 10 MW pour le solaire, comme les plafonds de 30 MW pour l’éolien, 15 MW pour la biomasse et 5 MW pour les autres filières renouvelables, dessine un segment de marché distinct, plus fragmenté mais potentiellement plus rapide à mobiliser.

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Le régime des autorisations dans l’architecture réglementaire tunisienne

Le régime des autorisations n’est que l’un des trois dispositifs qui encadrent la production privée d’électricité renouvelable en Tunisie. Il coexiste avec le régime des concessions, réservé aux grands projets utility-scale attribués par appel d’offres compétitif sur le prix, et le régime de l’autoconsommation, destiné aux installations qui couvrent tout ou partie de la consommation propre d’un site industriel ou commercial.

Cette architecture à trois niveaux permet à la Tunisie de faire progresser simultanément plusieurs segments de son marché solaire : les grandes centrales concédées, qui portent l’essentiel des volumes en MW, et un tissu de projets de taille intermédiaire qui, mis bout à bout, commence à représenter des volumes significatifs. Les 455 MW du 6ème round équivalent d’ailleurs à près de 40 % de la puissance renouvelable déjà installée dans le pays, un ratio qui illustre l’ampleur du mouvement en cours sur ce segment spécifique.

STEG, acheteur unique : mécanisme de revente et tarifs d’achat

Le mécanisme de revente repose sur une obligation d’achat intégrale par la STEG, à des tarifs administrés qui varient selon la taille du projet. Les installations de moins de 1 MWc bénéficient d’un tarif de 217 millimes tunisiens par kWh hors taxes, soit environ 6,4 centimes d’euro. Les projets jusqu’à 2 MWc sont rémunérés à 201 millimes/kWh, environ 5,9 c€/kWh. Les installations de 2 à 10 MWc perçoivent 142 millimes/kWh, soit environ 4,2 c€/kWh.

Cette dégressivité tarifaire selon la puissance reflète l’économie d’échelle propre aux installations photovoltaïques : plus un projet est grand, plus son coût de production par kWh diminue, ce qui justifie un tarif d’achat plus bas pour rester cohérent avec les coûts évités de la STEG. Le cadre, fixé par décision ministérielle en octobre 2024, offre aux développeurs une visibilité tarifaire qui explique en partie l’ampleur des candidatures reçues lors de ce 6ème round.

Une accélération confirmée depuis le 5ème round

La comparaison avec le round précédent situe l’ampleur de cette progression. Le 5ème round du régime des autorisations avait abouti à l’attribution de 186 autorisations préliminaires pour des projets solaires, représentant une capacité totale d’environ 288 MWc. Le 6ème round porte ce total à 455 MW, soit une hausse de 58 % du nombre de MW retenus d’un round à l’autre, pour un nombre de projets qui passe de 186 à 309.

Cette trajectoire ascendante, sur deux rounds consécutifs, dessine un régime des autorisations en phase de montée en puissance régulière plutôt qu’un dispositif ponctuel. Elle fait suite au lancement de l’appel à projets du 6ème round le 15 avril 2026, qui avait fixé le calendrier de dépôt des dossiers jusqu’au 15 juin — calendrier aujourd’hui suivi de la publication des résultats, actant le passage du round de la phase d’appel à la phase d’instruction technique et financière.

Ce que ces résultats annoncent pour le marché tunisien du solaire distribué

Les 455 MW retenus dans ce 6ème round ne doivent pas être confondus avec une capacité déjà construite ou raccordée : il s’agit de projets ayant franchi l’étape de l’évaluation des dossiers, dont la réalisation effective dépendra encore de l’obtention des accords de principe définitifs, du financement et de la construction. Mais le volume et le nombre de porteurs de projets impliqués — 309 entités distinctes, pour l’essentiel des acteurs de taille intermédiaire — indiquent un élargissement de la base de développeurs actifs sur le marché solaire tunisien, au-delà des quelques grands noms présents sur les concessions utility-scale.

Pour la STEG, cette multiplication de petits et moyens producteurs pose des questions de gestion technique, raccordement, dispatching, stabilité du réseau HTA; qui deviendront plus concrètes à mesure que ces 309 projets avanceront vers la construction. Pour les développeurs tunisiens, en revanche, le signal est net : le régime des autorisations s’impose comme une voie d’entrée crédible sur le marché solaire national, en complément du régime des concessions qui reste la voie privilégiée des grands groupes internationaux.