L’État du Niger a signé le 20 août 2026 à Niamey une convention de partenariat public-privé avec Niger Electricity Power Production (NEPP) pour la construction d’un parc solaire photovoltaïque de 200 MWc équipée d’un système de stockage par batteries. L’investissement total s’élève à 126,101 milliards FCFA (environ 210 M$), pour un contrat structuré en mode BOT (Build, Operate and Transfer) d’une durée de 20 ans.
Le projet doit être livré dans un délai de 24 mois, études complémentaires comprises. L’électricité produite sera vendue à la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC) au tarif de 35 FCFA par kWh, conformément aux conditions contractuelles fixées lors de la signature. Selon les autorités nigériennes, la centrale devrait créer près de 1 300 emplois directs et indirects sur la durée du chantier et de l’exploitation.
Pour un pays qui importe environ 75 % de son électricité, majoritairement depuis le Nigeria voisin, ce contrat marque l’un des engagements les plus significatifs pris ces dernières années par l’État nigérien en faveur d’une production solaire domestique de grande échelle.
Une signature à Niamey pour sceller le parc solaire
La cérémonie de signature, tenue à Niamey le 20 août 2026, a réuni les représentants de l’État nigérien et ceux de Niger Electricity Power Production. La convention formalise un partenariat public-privé de 20 ans, une durée qui reflète l’ampleur de l’engagement financier consenti par les deux parties et la nécessité, pour l’investisseur privé, de sécuriser un horizon de rentabilité suffisant sur un marché électrique encore en développement.
Le choix du mode BOT — construction, exploitation puis transfert des actifs à l’État en fin de contrat — est une structure désormais courante pour les grands projets d’infrastructure énergétique en Afrique de l’Ouest, notamment dans les pays du Sahel où l’accès au financement bancaire classique reste limité par le risque pays. Ce montage permet à l’État de bénéficier d’une nouvelle capacité de production sans mobiliser directement des fonds publics au moment de la construction.

Un montage BOT porté par Niger Electricity Power Production
Niger Electricity Power Production (NEPP), la société retenue pour porter le projet, assurera la construction, l’exploitation et la maintenance de la centrale pendant toute la durée du contrat avant sa rétrocession à l’État nigérien. Les modalités précises du tour de table financier de NEPP — répartition entre fonds propres et dette, éventuels partenaires techniques ou financiers internationaux — n’ont pas été détaillées dans les annonces officielles.
Ce type de montage reste peu documenté publiquement au Niger comparé à d’autres marchés solaires ouest-africains plus matures comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, où les IPP (Independent Power Producer) solaires se sont multipliés ces dernières années avec des structures de financement plus transparentes. [LIEN INTERNE : Sénégal — Senelec et Huawei signent 100 MW solaire et stockage à Linguère et Koungheul]
Un tarif fixé à 35 FCFA le kWh vendu à NIGELEC
Le tarif de vente de 35 FCFA par kWh fixé pour ce contrat donne une indication directe sur la structure de coûts retenue pour le projet. NIGELEC, l’opérateur public du réseau électrique nigérien, agira comme acheteur unique de la production, selon un schéma similaire à celui observé dans la plupart des marchés IPP solaires d’Afrique de l’Ouest, où un opérateur national adossé à l’État sécurise l’écoulement de la production pour rassurer les financeurs du projet.
Ce niveau tarifaire s’inscrit dans une fourchette comparable à celle observée sur d’autres grands projets solaires récents dans la région, bien que les conditions spécifiques du marché nigérien — coût du foncier, accès au réseau de transport, conditions de financement local — rendent toute comparaison directe avec d’autres pays de la sous-région d’une prudence relative.
Réduire une dépendance aux importations qui pèse sur la facture énergétique
La dépendance du Niger aux importations d’électricité, essentiellement depuis le Nigeria, représente une contrainte structurelle pour la sécurité énergétique du pays, exposée aux variations de disponibilité et de prix décidées de l’autre côté de la frontière. Une capacité domestique de 200 MWc, bien qu’elle ne suffise pas à elle seule à éliminer cette dépendance, constitue une étape significative vers une plus grande autonomie du mix électrique national.
Le Niger dispose par ailleurs d’un potentiel solaire parmi les plus élevés de la sous-région, avec un ensoleillement soutenu sur la quasi-totalité du territoire. Ce potentiel reste toutefois sous-exploité comparé aux capacités installées dans des pays voisins comme le Mali ou le Burkina Faso, où plusieurs centrales de taille comparable ou supérieure ont été mises en chantier ces derniers mois dans le cadre de l’initiative Desert to Power de la Banque africaine de développement.
Un stockage par batteries pour sécuriser l’injection sur le réseau
Le projet intègre, dès sa conception, un système de stockage par batteries dont la capacité précise n’a pas été communiquée dans les annonces officielles. Sur un réseau national encore peu maillé et sujet à des contraintes de stabilité, l’ajout d’un stockage associé à la production solaire permet de lisser l’injection d’électricité et de limiter les risques de déséquilibre lors des variations d’ensoleillement.
Cette architecture solaire-plus-stockage devient la norme pour les nouveaux grands projets photovoltaïques africains, y compris dans des marchés où l’infrastructure de réseau reste moins robuste que dans les économies plus avancées du continent. Pour NIGELEC, la capacité de stockage associée à la centrale de 200 MWc devrait faciliter l’intégration de cette nouvelle source de production sans nécessiter d’investissements réseau supplémentaires immédiats.

Ce que le projet NEPP annonce pour le pipeline solaire nigérien
Avec un délai de livraison annoncé de 24 mois, la centrale de NEPP pourrait être opérationnelle courant 2028, sous réserve du respect du calendrier de construction. Ce projet s’ajoute à une série d’initiatives régionales portées par des bailleurs internationaux au Sahel, dans un contexte où l’accès au financement reste compliqué par la perception du risque sécuritaire et institutionnel associé à plusieurs pays de la zone.
Pour les développeurs et investisseurs qui suivent le marché solaire ouest-africain, la capacité du Niger à mener à terme un projet de cette ampleur dans les délais annoncés sera un indicateur suivi de près, tant pour la crédibilité du cadre PPP nigérien que pour l’attractivité future du pays auprès d’autres investisseurs du secteur.











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