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Rapport IEA : l’Afrique n’attire que 3 % des investissements mondiaux dans l’énergie propre

Le rapport spécial de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « Financing Clean Energy in Africa », produit conjointement avec la Banque africaine de développement, chiffre le déficit structurel d’investissement dans l’énergie propre du continent africain.

Selon ce rapport, l’investissement énergétique en Afrique doit plus que doubler par rapport à son niveau actuel de 90 milliards $ pour dépasser les 200 milliards $ par an d’ici 2030, afin que le continent atteigne ses objectifs d’accès universel à l’énergie et respecte ses engagements climatiques nationaux.

Ce chiffrage intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leurs mises en service solaires en 2026, mais restent confrontés à un accès au financement structurellement plus coûteux que dans les économies avancées.

Un investissement à plus que doubler d’ici 2030

L’AIE établit que l’investissement énergétique total en Afrique doit passer d’environ 90 milliards $ actuellement à plus de 200 milliards $ par an d’ici 2030. À ce niveau cible, près des deux tiers des dépenses seraient consacrés à l’énergie propre, contre une répartition aujourd’hui encore dominée à environ deux tiers par les combustibles fossiles.

L’investissement énergétique en Afrique a par ailleurs reculé ces dernières années : les dépenses dans les combustibles fossiles ont diminué, tandis que l’investissement dans l’énergie propre est resté globalement stable, sans connaître l’accélération observée dans d’autres régions du monde.

60 % des meilleures ressources solaires mondiales, 3 % du financement

Le rapport souligne un contraste structurel : l’Afrique représente environ 20 % de la population mondiale et concentre environ 60 % des meilleures ressources solaires de la planète, mais n’attire qu’environ 3 % des investissements mondiaux dans l’énergie propre.

Ce déséquilibre entre potentiel physique et flux de capitaux constitue, selon l’AIE, le nœud central du retard d’électrification du continent, plus que l’absence de ressource ou de demande énergétique.

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Le coût du capital, obstacle central identifié par l’AIE

Le rapport identifie le coût du capital comme le principal frein au développement de projets d’énergie propre en Afrique. Pour un projet solaire ou éolien utility-scale, ce coût de financement est estimé à deux à trois fois supérieur à celui observé dans les économies avancées pour un projet équivalent.

Ce surcoût de financement pèse directement sur le prix final de l’électricité produite, et explique en partie pourquoi des projets techniquement compétitifs sur le plan des ressources naturelles peinent à atteindre le financial close dans des délais comparables à ceux observés en Europe ou en Asie.

28 milliards $ de capital concessionnel pour mobiliser le privé

Pour combler cet écart, l’AIE chiffre à 28 milliards $ le montant de capital concessionnel nécessaire d’ici 2030 pour mobiliser les 90 milliards $ d’investissement privé requis dans l’énergie propre sur le continent.

Ce ratio de mobilisation — environ 1 dollar de capital concessionnel pour environ 3,2 dollars de capital privé mobilisé — illustre le rôle central que doivent jouer les institutions de financement du développement (DFI) pour réduire le risque perçu des projets et abaisser le coût du capital pour les investisseurs privés.

Ce que ce déficit signifie pour les développeurs solaires

Pour les développeurs de projets solaires actifs sur le continent, ce rapport confirme un constat déjà documenté dans les négociations de financement : la bancabilité d’un projet africain reste conditionnée à un accès à des mécanismes de garantie ou de capital concessionnel, plus que dans d’autres régions du monde disposant d’un accès plus direct au marché privé.

L’écart entre les 3 % de financement mondial capté par l’Afrique et ses 60 % de ressources solaires mondiales situe le continent dans une position paradoxale : la contrainte n’est pas la ressource naturelle disponible, mais la capacité du système financier international à transformer cette ressource en projets financés et raccordés au réseau.