mini-réseaux solaires au Kenya

Kenya : REREC va mettre en service 120 mini-réseaux solaires d’ici septembre 2026

La Rural Electrification and Renewable Energy Corporation (REREC), l’agence publique kényane chargée de l’électrification rurale, prévoit la mise en service de 120 mini-réseaux solaires d’ici la fin septembre 2026. Le déploiement s’inscrit dans le Kenya Off-Grid Solar Access Project (KOSAP), un programme de 150 millions de dollars soutenu par la Banque mondiale et destiné à 14 comtés historiquement sous-desservis en électricité.

La directrice générale de REREC, Rose Mkalama, a indiqué avoir personnellement inspecté 31 sites de construction pour vérifier le respect du calendrier. Le comté de Turkana concentre le plus grand nombre de sites actifs, avec 15 mini-réseaux en cours de développement, devant Marsabit, Isiolo et Samburu.

Le programme combine mini-réseaux solaires, systèmes solaires domestiques autonomes, solutions de cuisson propre et infrastructures de pompage d’eau alimentées par énergie solaire, dans une approche multi-tier caractéristique des grands programmes d’accès à l’électricité financés par les bailleurs internationaux.

Quatorze comtés frontaliers, un déficit d’accès chronique

Les 14 comtés ciblés par KOSAP se situent dans les régions les plus reculées du Kenya, à la frontière avec l’Éthiopie, le Soudan du Sud et la Somalie. Ces zones, à faible densité de population et éloignées du réseau électrique national interconnecté, présentent des taux d’accès à l’électricité parmi les plus bas du pays, malgré des progrès significatifs enregistrés au Kenya sur l’électrification urbaine et périurbaine ces quinze dernières années.

L’extension du réseau national vers ces comtés reste économiquement peu viable à court terme compte tenu des distances et de la faible densité de consommation. Les mini-réseaux solaires, dimensionnés pour desservir des communautés de quelques centaines à quelques milliers d’habitants, constituent l’option technico-économique privilégiée par le gouvernement kényan pour ces territoires.

KOSAP, une approche multi-technologies plutôt qu’un pari unique sur le solaire

Le programme KOSAP ne se limite pas aux mini-réseaux : il articule quatre composantes complémentaires. Les mini-réseaux solaires desservent les centres de population les plus denses au sein des comtés ciblés, tandis que les systèmes solaires domestiques autonomes couvrent les habitations isolées, hors de portée économique d’un mini-réseau. Le programme finance également des solutions de cuisson propre, en réponse aux effets sanitaires et environnementaux de la cuisson traditionnelle au bois ou au charbon, ainsi que des infrastructures de pompage d’eau alimentées par énergie solaire, un enjeu critique dans des comtés semi-arides comme Turkana ou Marsabit.

Cette architecture multi-tier, financée par la Banque mondiale à hauteur de 150 millions de dollars, reflète une évolution des programmes d’électrification rurale africains vers des approches intégrées, où l’accès à l’électricité s’accompagne d’autres services essentiels plutôt que d’être traité isolément.

mini-réseaux solaires au Kenya

Turkana en tête, 31 sites déjà inspectés pour les mini-réseaux solaires

Le comté de Turkana, le plus vaste et l’un des moins densément peuplés du Kenya, concentre 15 des 120 mini-réseaux du programme, soit la plus forte proportion parmi les 14 comtés couverts. Cette priorité accordée à Turkana reflète à la fois l’ampleur du déficit d’accès local et l’existence de centres de population suffisamment structurés pour justifier économiquement un mini-réseau plutôt que des solutions individuelles.

La visite de terrain de la directrice générale de REREC sur 31 sites de construction, mentionnée publiquement début août 2026, vise à rassurer sur le respect du calendrier annoncé, dans un contexte où les grands programmes d’électrification rurale financés par des bailleurs internationaux accusent fréquemment des retards liés à la logistique, aux conditions climatiques ou aux difficultés d’approvisionnement en matériel dans des zones reculées.

Un calendrier tenu malgré l’ampleur du déploiement

La mise en service simultanée de 120 mini-réseaux d’ici fin septembre 2026 représente un rythme de déploiement soutenu pour un programme de cette nature. À titre de comparaison, plusieurs programmes similaires ailleurs sur le continent, comme le programme éthiopien de mini-réseaux solaires ou les initiatives de WeLight en Afrique de l’Ouest et centrale, déploient généralement leurs sites de façon plus échelonnée, sur plusieurs années.

Le respect de ce calendrier par REREC constituera un indicateur suivi de près par les autres agences d’électrification rurale africaines, notamment quant à la capacité des chaînes d’approvisionnement locales à absorber des commandes groupées de matériel solaire et de composants de stockage pour un déploiement aussi concentré dans le temps.

Ce que KOSAP signale pour l’électrification hors réseau en Afrique de l’Est

Au-delà des 120 sites annoncés pour septembre 2026, KOSAP illustre la place croissante qu’occupent les mini-réseaux solaires dans les stratégies nationales d’accès à l’électricité en Afrique de l’Est, aux côtés de l’extension du réseau interconnecté. Le Kenya, souvent cité comme référence régionale pour son cadre réglementaire favorable aux mini-réseaux privés, renforce ici le rôle de son opérateur public dans les zones les moins rentables commercialement pour les développeurs privés.

Pour les bailleurs et les développeurs actifs sur le segment des mini-réseaux en Afrique de l’Est, l’issue du programme KOSAP dans les comtés frontaliers kényans servira de référence pour calibrer de futurs investissements dans des zones aux caractéristiques similaires, notamment dans les pays voisins engagés dans des programmes comparables.