L’Égypte a accordé une licence dorée (Golden Licence) au projet Nefer Minya, un complexe solaire et de stockage par batteries de 1,2 GW porté par Infinity Power et Hassan Allam Utilities pour un investissement total de 750 millions de dollars. La licence dorée est un régime d’autorisation accéléré introduit par la loi égyptienne sur l’investissement, qui consolide en une seule approbation les permis normalement délivrés séparément par plusieurs administrations, dans l’objectif de raccourcir le délai de mise en chantier des projets jugés stratégiques.
Une licence dorée pour accélérer un projet déjà engagé
Le mécanisme de licence dorée, activé par le gouvernement égyptien pour un nombre restreint de projets d’investissement jugés prioritaires, remplace les procédures d’autorisation sectorielles multiples — foncier, environnement, raccordement réseau, permis de construire — par une décision d’approbation unique délivrée par l’Autorité générale pour l’investissement et les zones franches (GAFI). Pour un projet de l’échelle de Nefer Minya, ce mécanisme réduit significativement les délais administratifs susceptibles de retarder le démarrage des travaux.
L’octroi de cette licence à Nefer Minya confirme le statut prioritaire accordé par les autorités égyptiennes à ce projet, dans un pipeline national de solaire-plus-stockage déjà dense qui inclut Abydos II (AMEA Power, 1 GW/600 MWh) et Nefer Benban (Infinity Power, 200 MW/120 MWh). La date d’achèvement de la construction est désormais fixée au 30 septembre 2027.
NMRE, la SPV qui réunit Infinity Power et Hassan Allam Utilities
Le projet est porté par une société-projet (SPV) dédiée, NMRE, détenue à 51 % par Infinity Power Holding — coentreprise entre Masdar et Infinity Energy — et à 49 % par HAU Energy, la plateforme d’Hassan Allam Utilities adossée à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et au fonds d’infrastructure Meridiam. Cette structure actionnariale associe un développeur panafricain de premier plan à un groupe industriel égyptien disposant d’un accès direct au foncier et aux autorisations locales.
En juillet 2026, l’Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF) a engagé 30 millions de dollars en faveur de Hassan Allam Utilities pour le financement du volet Minya du projet, un apport qui s’ajoute au montage financier plus large mobilisé autour de la BERD depuis l’annonce initiale de juin 2026.
1,2 GW solaire et 600 MWh de stockage sur 20 km² à l’ouest de Minya
Le projet occupe une superficie d’environ 20 kilomètres carrés dans l’ouest du gouvernorat de Minya. Sa configuration associe une capacité photovoltaïque de 1,2 GW à un système de stockage par batteries de 600 MWh, dimensionné pour offrir environ deux heures de décalage de production — permettant de continuer à injecter de l’électricité solaire après la baisse de l’ensoleillement en fin de journée.
AIKO, fabricant chinois de modules à technologie ABC (all-back-contact), reste le fournisseur exclusif de panneaux du projet, dans le cadre de l’accord signé en juin 2026 en marge de l’Africa Energy Forum. L’exploitation du site devrait permettre d’éviter environ 1 million de tonnes d’émissions de CO2 par an et de créer 2 500 emplois d’ingénieurs, techniciens et ouvriers durant la phase de construction.

Du contrat AIKO au financement EAAIF : une année de jalons pour Nefer Minya
Depuis l’annonce initiale du projet à la mi-2026, Nefer Minya a franchi plusieurs étapes distinctes et documentées : la signature de l’accord de fourniture de modules avec AIKO en juin, l’engagement de financement de 30 millions de dollars par l’EAAIF en juillet, puis l’octroi de la licence dorée fin août. Cette succession de jalons contraste avec le rythme souvent plus lent observé sur d’autres projets solaires-plus-stockage du pipeline égyptien, où le délai entre l’annonce initiale et le début effectif des travaux peut s’étendre sur plusieurs années.
Les chiffres de capacité communiqués ont également évolué au fil de ces annonces : le projet était initialement présenté à 1,2 GWp et 720 MWh de stockage lors de l’accord AIKO de juin, contre 1 GW et 600 MWh dans les communications les plus récentes autour de la licence dorée — un ajustement que ni Infinity Power ni Hassan Allam Utilities n’ont expliqué publiquement à ce stade, et qui pourrait refléter un dimensionnement définitif du projet à l’issue des études d’ingénierie détaillées.
Ce que le régime des licences dorées change pour le pipeline égyptien
L’Égypte a fait du mécanisme de licence dorée un outil de différenciation pour attirer et accélérer les investissements les plus significatifs de son pipeline énergétique, dans un contexte de concurrence régionale accrue pour les capitaux destinés au solaire-plus-stockage. Pour les développeurs et prêteurs actifs sur le marché égyptien, l’octroi de ce statut à Nefer Minya constitue un signal de priorité gouvernementale qui peut faciliter la suite du montage financier du projet, sans pour autant garantir l’absence de nouveaux retards en phase de construction.
Nefer Minya s’ajoute ainsi à une liste réduite de projets solaires-plus-stockage égyptiens ayant bénéficié de ce régime accéléré, aux côtés d’Abydos II. Le calendrier des prochaines étapes — financial close définitif, démarrage effectif des travaux — n’a pas été communiqué par NMRE à ce stade.











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