Le groupe chinois Shenzhen Energy a annoncé un investissement de 34 M$ dans une centrale solaire de 50 MW dans le district de Central Gonja, région de Savannah, au nord du Ghana. Porté par sa filiale locale Sunon Asogli Power (Ghana) Ltd, ce projet constitue la première incursion du groupe dans le solaire en dehors de Chine.
Shenzhen Energy est un acteur établi au Ghana à travers Sunon Asogli, qui exploite déjà une centrale thermique à cycle combiné à Kpone, près de Tema. Le passage de cette filiale vers le solaire marque une diversification du portefeuille énergétique du groupe dans le pays, jusqu’ici concentré sur la production thermique au gaz.
Détails techniques du projet de centrale solaire Gonja
Le projet utilisera des modules photovoltaïques bifaciaux monocristallins de 540 W, associés à des onduleurs string de 300 kW. L’infrastructure de raccordement au réseau comprendra des transformateurs principaux, des équipements de distribution extérieure 161 kV, des cellules de commutation 34,5 kV et des systèmes SVG (Static Var Generator) pour la stabilisation de tension.
Ce choix technique — modules bifaciaux et onduleurs string plutôt que centralisés — reflète une tendance générale du marché solaire africain vers des équipements optimisant le rendement par unité de surface, particulièrement pertinent dans une région comme la Savannah où l’irradiation est élevée mais où la poussière et la chaleur imposent des contraintes de maintenance spécifiques.
Sunon Asogli Power, filiale déjà connue sur le marché ghanéen
La présence de longue date de Sunon Asogli sur le marché électrique ghanéen, via sa centrale thermique de Kpone d’une capacité de 508 MW, donne à ce projet solaire un ancrage local que n’auraient pas eu de nouveaux entrants purement solaires. L’entreprise dispose déjà des relations avec les autorités de régulation, d’une connaissance du cadre réglementaire ghanéen et, potentiellement, de synergies de raccordement avec ses infrastructures existantes dans le pays.
Ce profil de développeur; un acteur thermique établi qui diversifie vers le solaire; est un schéma que l’on retrouve de plus en plus fréquemment sur le continent, à mesure que les producteurs indépendants d’électricité cherchent à équilibrer leurs portefeuilles face à la baisse continue des coûts du photovoltaïque.
S’inscrire dans l’objectif des 3 000 MW solaires du Ghana
Le gouvernement ghanéen vise l’installation de 3 000 MW de capacité solaire d’ici 2030, dans le cadre de sa stratégie de diversification du mix électrique national, aujourd’hui encore largement dominé par l’hydroélectricité et le gaz thermique. Le solaire ne représente actuellement que moins de 5 % de l’électricité produite dans le pays, un chiffre que le Ghana cherche à faire progresser rapidement via une combinaison de projets utility-scale, de programmes de mini-réseaux et d’incitations à l’investissement privé.
Le projet de Central Gonja s’ajoute à d’autres initiatives solaires en cours dans le pays, notamment le développement du Norbert Anku Solar Park, prévu en deux phases de 100 MW chacune. Ensemble, ces projets illustrent une accélération réelle, bien que partant d’une base encore modeste comparée à des marchés solaires plus matures comme l’Égypte ou l’Afrique du Sud.

Ce que cette annonce indique sur les flux d’investissement chinois vers le solaire africain
L’entrée de Shenzhen Energy dans le solaire ghanéen s’inscrit dans un mouvement plus large d’investisseurs chinois qui, après avoir dominé la fourniture d’équipements photovoltaïques vers l’Afrique — les exportations chinoises de panneaux solaires vers le continent ont progressé de 83 % en 2025 — se positionnent désormais également comme développeurs et opérateurs de projets sur le terrain, et non plus seulement comme fournisseurs.
Ce basculement, du rôle de fournisseur d’équipement vers celui de développeur-investisseur, mérite d’être suivi de près par les acteurs locaux et les DFI actifs en Afrique de l’Ouest : il modifie la structure de la concurrence sur les appels d’offres solaires, où les développeurs chinois disposent d’un accès privilégié à des équipements à coûts compétitifs et, potentiellement, à des financements adossés à des banques d’État chinoises.










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