image de la mine lucara pour 30 MWp solaire

Botswana : Lucara lance un appel à partenaire pour 30 MWp solaire et 20 MW de stockage à la mine de Karowe

Lucara Botswana, filiale à 100 % de la canadienne Lucara Diamond Corp, a lancé un appel à manifestation d’intérêt (EOI, Expression of Interest) auprès de producteurs indépendants d’électricité et de développeurs renouvelables qualifiés, pour concevoir, financer, construire, exploiter et maintenir une centrale photovoltaïque de 30 MWp solaire destinée à alimenter sa mine de diamants de Karowe. La date de clôture des candidatures était fixée au 10 juillet 2026.

L’appel intervient après l’achèvement d’une étude de faisabilité portant sur la construction d’une centrale solaire utility-scale couplée à un système de stockage par batteries (BESS) pour alimenter le site minier. Cette étude ouvre la voie à un projet structuré en deux phases distinctes, sur un terrain d’environ 20 à 30 hectares.

Un appel à manifestation d’intérêt clos le 10 juillet

Le mandat confié aux candidats couvre l’ensemble du cycle de vie du projet — conception, financement, construction, exploitation et maintenance — ce qui correspond à un montage classique de type IPP (Independent Power Producer) sous contrat d’achat d’électricité de long terme avec la mine. La mine de Karowe, opérationnelle depuis le deuxième trimestre 2012, est connue pour sa production de diamants de grande taille et de haute qualité de type IIa, dont plusieurs spécimens dépassant les 1 000 carats bruts.

L’échéance du 10 juillet 2026 pour le dépôt des candidatures marque la première étape formelle du processus de sélection. Le calendrier communiqué par Lucara vise une mise en service commerciale du dispositif solaire à l’horizon 2027-2028, sous un modèle de PPA (Power Purchase Agreement) de long terme dont les termes précis n’ont pas été rendus publics à ce stade.

Karowe est détenue à 100 % par Lucara Diamond via sa filiale Boteti Mining, et reste indépendante de Debswana, la coentreprise entre le gouvernement botswanais et De Beers qui domine très largement le secteur diamantaire national. Le site s’est fait connaître pour plusieurs découvertes exceptionnelles de diamants bruts de plus de 1 000 carats, dont le Motswedi (2 488 carats), le Sewelô (1 758 carats) et le Lesedi La Rona (1 109 carats) — autant de pièces qui ont contribué à positionner Karowe parmi les gisements les plus suivis du secteur, malgré une part estimée à seulement 0,3 à 0,4 % de la production mondiale de diamants.

Karowe, un gisement de diamants qui vise 2040

La démarche de décarbonation énergétique de Karowe s’inscrit dans un contexte plus large d’extension de la durée de vie de la mine. Lucara travaille en parallèle sur un projet d’exploitation souterraine destiné à prolonger l’activité du site jusqu’en 2040, avec un démarrage des opérations souterraines prévu au premier trimestre 2028. L’entreprise a par ailleurs déposé une étude de faisabilité actualisée pour cette extension souterraine, signe d’un engagement de long terme sur le site plutôt que d’une opération de fin de vie de mine.

Cette perspective de long terme change la nature de l’investissement énergétique envisagé : un projet solaire dimensionné pour une mine dont l’horizon d’exploitation dépasse quinze ans présente un profil de risque différent de celui d’un site minier en fin de cycle, où l’amortissement d’une infrastructure énergétique dédiée serait plus difficile à justifier économiquement.

image de la mine lucara pour 30 MWp solaire

Deux phases distinctes : solaire raccordé, puis stockage

Le projet est structuré en deux phases clairement séparées. La phase I prévoit une centrale photovoltaïque raccordée au réseau de 20 MW, sans stockage associé. La phase II ajouterait 10 MWp de capacité solaire supplémentaire, couplés cette fois à un système de stockage par batteries de 20 MW, pour atteindre la capacité totale visée de 30 MWp solaire et 20 MW de BESS.

Ce séquençage permet à Lucara de mettre en service une première tranche de production solaire sans attendre la finalisation de la composante stockage, plus complexe à structurer financièrement. L’ajout différé du BESS en phase II laisse également le temps aux candidats retenus d’affiner le dimensionnement du système de stockage en fonction des données de production réelles observées durant la phase I.

Ce que ce projet dit du solaire minier au Botswana

Le Botswana reste un marché solaire relativement peu couvert par les grandes annonces continentales, dominé par un secteur minier qui pèse fortement dans l’économie nationale — diamants en tête, mais aussi cuivre et nickel. Le recours croissant des opérateurs miniers à des centrales solaires captives, plutôt qu’à un raccordement exclusif au réseau national ou à des générateurs diesel, s’inscrit dans une tendance observée sur l’ensemble du continent, où le coût du solaire combiné au stockage devient compétitif face aux alternatives fossiles pour les sites isolés à forte consommation continue.

Pour les développeurs et IPP qui suivent le segment C&I minier africain, l’appel d’offres de Karowe constitue un point d’entrée sur un marché botswanais encore peu disputé comparé à l’Afrique du Sud ou à la Zambie voisines. Le prochain jalon à surveiller sera l’annonce du ou des candidats présélectionnés à l’issue de cette phase d’expression d’intérêt.