Le Mozambique a annoncé, le 26 juin 2026, le lancement d’un programme solaire rurale d’une durée de sept ans, fondé sur le déploiement de mini-réseaux solaires. L’initiative doit bénéficier à environ 225 000 personnes vivant dans des zones actuellement non raccordées au réseau électrique national.
Le programme est financé par le Fonds Vert pour le Climat (Green Climate Fund, GCF) et mis en œuvre conjointement par l’agence belge de coopération au développement Enabel, le Fonds national d’énergie mozambicain (FUNAE) et l’organisation internationale Sustainable Energy for All (SEforALL). Cette structuration à quatre acteurs reflète un montage désormais courant pour les programmes d’électrification rurale de grande ampleur en Afrique australe, associant financement climatique multilatéral, agence de coopération bilatérale et opérateur national.
Aucun montant global de financement n’a été communiqué à ce stade par les parties prenantes. Les précédents programmes du GCF de portée comparable sur le continent africain ont généralement mobilisé entre 30 et 80 millions de dollars sur des durées de mise en œuvre similaires.
Le Fonds Vert pour le Climat au cœur du financement
Le recours au GCF comme bailleur principal distingue ce programme d’autres initiatives d’électrification rurale mozambicaines financées jusqu’ici davantage par la Banque mondiale ou des institutions de financement du développement bilatérales. Le GCF conditionne généralement ses financements à une démonstration explicite de l’impact climatique du projet, au-delà du seul objectif d’accès à l’électricité.
Sur ce plan, les porteurs du programme évaluent son impact à environ 399 131 tonnes équivalent CO₂ évitées sur l’ensemble de sa durée de vie, un chiffre calculé par comparaison avec un scénario de référence où l’accès à l’électricité rurale continuerait de reposer sur des générateurs diesel individuels ou l’absence totale d’accès.
Des mini-réseaux orientés vers les usages productifs
Au-delà du raccordement domestique, le programme prévoit le déploiement de 300 à 400 solutions d’usage productif de l’électricité; un terme qui désigne les équipements permettant de transformer l’accès à l’énergie en activité économique : moulins électriques, systèmes de réfrigération pour la conservation alimentaire, pompes d’irrigation solaires ou petits ateliers de transformation agricole.
Cette orientation vers les usages productifs répond à un constat récurrent dans l’évaluation des programmes d’électrification rurale en Afrique subsaharienne : le seul raccordement domestique, sans activité économique associée, limite souvent la capacité des ménages à absorber le coût de l’électricité sur la durée, fragilisant la viabilité financière des mini-réseaux installés.
FUNAE, opérateur national mozambicain, dispose déjà d’une expérience significative dans le déploiement de mini-réseaux solaires ruraux, notamment via des programmes antérieurs soutenus par la Banque mondiale. Le nouveau programme s’appuiera sur cette capacité opérationnelle existante plutôt que de créer une structure de mise en œuvre distincte.

Un programme solaire rurale structurel pour le pays
Plus de 60 % de la population mozambicaine vit en zone rurale, une proportion qui rend l’électrification par extension du réseau national particulièrement coûteuse dans de nombreuses provinces à faible densité de population. Le recours aux mini-réseaux solaires autonomes, plutôt qu’au raccordement filaire, constitue depuis plusieurs années l’option privilégiée par les autorités mozambicaines pour ces zones les plus isolées.
Le pays reste cependant confronté à un déficit d’accès à l’électricité important à l’échelle nationale, un enjeu partagé par une large partie de l’Afrique subsaharienne, où le rapport 2026 sur les progrès énergétiques publié par l’IEA, l’IRENA et la Banque mondiale évaluait à 86 % la part mondiale du déficit d’accès à l’électricité concentrée sur la région.
Ce que ce programme ajoute au pipeline mozambicain
Ce lancement s’ajoute à un pipeline mozambicain déjà actif sur le segment solaire, incluant le projet de solaire flottant de Cahora Bassa (100 MW, soutenu par la Banque africaine de développement) et l’appel d’offres relancé pour la centrale de Dondo dans le cadre du programme PROLER. Il illustre une diversification des sources de financement du secteur électrique mozambicain, entre financement climatique multilatéral pour l’électrification rurale et financement de projets utility-scale pour le raccordement au réseau national.
Aucun calendrier de déploiement site par site n’a été communiqué. Les porteurs du programme doivent préciser les zones prioritaires dans les prochains mois, à mesure que les études de faisabilité par localité seront finalisées.
La combinaison des quatre partenaires impliqués — bailleur climatique, agence de coopération bilatérale, opérateur national et organisation internationale spécialisée — reproduit un modèle déjà testé par Enabel et SEforALL dans d’autres pays d’Afrique australe et orientale, où la coordination entre ces types d’acteurs a permis de réduire les délais habituellement observés entre l’engagement du financement et le premier raccordement de ménages sur le terrain. Pour le Mozambique, dont l’administration énergétique reste sous tension budgétaire depuis plusieurs années, ce montage limite l’exposition directe des finances publiques nationales tout en s’appuyant sur l’expertise opérationnelle déjà accumulée par FUNAE dans le déploiement de mini-réseaux.
Le succès du programme dépendra en grande partie de sa capacité à générer une demande énergétique suffisante dans les localités raccordées pour couvrir les coûts d’exploitation des mini-réseaux sur la durée. C’est précisément l’objectif visé par la composante « usages productifs » du programme, dont l’ampleur — jusqu’à 400 solutions déployées — en fait l’une des plus importantes annoncées à ce jour en Afrique australe pour ce type d’initiative.











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