stockage utility-scale

Malawi : ESCOM met en service la première batterie de stockage utility-scale du pays (20 MW/40 MWh)

Le 26 juillet 2026, l’Electricity Supply Corporation of Malawi (ESCOM) a mis en service à Kanengo, dans la banlieue de Lilongwe, le premier système de stockage utility-scale par batteries (BESS) autonome et à l’échelle industrielle du Malawi. L’installation affiche une capacité de 20 MW et 40 MWh.

Le projet a été financé par un don de 20 millions de dollars du Global Energy Alliance for People and Planet (GEAPP), en appui à ESCOM. La cérémonie de lancement, le 26 juillet, a réuni des représentants du gouvernement malawite, d’ESCOM et de partenaires internationaux à Lilongwe.

C’est la première fois qu’un projet solaire ou de stockage de cette nature fait l’objet d’un article Solar Perspective consacré au Malawi — un marché resté jusqu’ici en marge de la couverture régionale du stockage par batteries en Afrique australe.

Un premier stockage utility-scale pour le réseau malawite

Le Malawi dépendait jusqu’à présent quasi exclusivement de l’hydroélectricité et de générateurs diesel d’appoint pour équilibrer son réseau, une combinaison vulnérable aux variations saisonnières du débit des rivières et aux coûts élevés du carburant importé.

Le BESS de Kanengo change cette équation : il capte l’excédent de production solaire en journée et le restitue au réseau aux heures où la demande est la plus forte, notamment en fin d’après-midi et en soirée, lorsque la production photovoltaïque décline.

Le système est qualifié de « standalone » — autonome — car il n’est pas directement couplé à une centrale solaire spécifique sur le même site, mais opère comme une ressource de flexibilité pour l’ensemble du réseau national malawite.

Financement : un don de 20 M$ du Global Energy Alliance

Le financement intégral sous forme de don, plutôt que de prêt, distingue ce projet de la majorité des installations de stockage récemment mises en service ailleurs sur le continent, généralement structurées avec un financement mixte impliquant des DFI (Development Finance Institutions) et des prêteurs commerciaux.

Le Global Energy Alliance for People and Planet, qui a financé l’intégralité du projet, positionne cette contribution comme un investissement dans l’infrastructure de flexibilité du réseau malawite, condition préalable à l’intégration de capacités solaires supplémentaires dans les années à venir.

ESCOM a assuré la maîtrise d’ouvrage du projet et en assurera l’exploitation, dans le cadre de son mandat de gestionnaire du réseau de transport et de distribution national.

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Débloquer une capacité solaire jusque-là écrêtée

Selon les données communiquées par GEAPP, le BESS de Kanengo permet de débloquer environ 100 MW de capacité solaire qui aurait autrement été écrêtée — c’est-à-dire non injectée sur le réseau faute de capacité d’absorption suffisante aux heures de forte production.

Cet écrêtement est un phénomène courant sur les réseaux de petite taille où la part de production intermittente augmente plus vite que la capacité de flexibilité du système. Le stockage par batteries permet de lisser ce déséquilibre sans recourir à des investissements lourds en infrastructure de transport.

Le projet devrait ainsi permettre une réduction estimée à 10 000 tonnes de CO2 par an, en limitant le recours aux générateurs diesel de secours lors des pics de demande. [LIEN INTERNE : écrêtement solaire et solutions de flexibilité réseau en Afrique]

Impact attendu sur le réseau et les ménages

ESCOM et GEAPP estiment que la stabilisation apportée par ce premier BESS bénéficiera directement à plus de 2 millions de Malawites, en réduisant la fréquence des délestages liés aux déséquilibres de charge sur le réseau.

Le Malawi fait partie des pays d’Afrique australe où le taux d’accès à l’électricité reste inférieur à la moyenne régionale, avec une dépendance marquée à l’hydroélectricité du fleuve Shire, elle-même soumise à des variations hydrologiques importantes d’une année sur l’autre.

L’ajout de cette capacité de stockage constitue une première brique d’un système électrique plus résilient, susceptible d’accueillir davantage de capacité solaire décentralisée dans les prochaines années sans dégrader la stabilité du réseau.

Un signal pour les marchés du stockage encore vierges d’Afrique australe

Le Malawi rejoint ainsi un nombre croissant de pays africains ayant mis en service leur premier système de stockage par batteries à l’échelle industrielle au cours des deux dernières années, un mouvement porté par la baisse continue des coûts des technologies BESS et par le soutien de bailleurs internationaux aux marchés électriques les plus fragiles.

Pour les développeurs solaires qui envisagent d’entrer sur le marché malawite, la mise en service de ce BESS constitue un signal favorable : la capacité d’absorption du réseau s’améliore, ce qui pourrait faciliter l’instruction de futurs projets solaires utility-scale ou de mini-réseaux hybrides dans le pays.

Reste à voir si ce premier projet ouvre la voie à des installations de stockage de plus grande taille, à mesure que la part du solaire dans le mix électrique malawite continuera de croître.

Le Malawi partage avec plusieurs de ses voisins d’Afrique australe une dépendance structurelle à l’hydroélectricité, une source vulnérable aux cycles de sécheresse qui ont déjà affecté la production dans la région ces dernières années. L’ajout d’une capacité de stockage, même limitée à 20 MW, constitue à ce titre un outil de diversification technique plutôt qu’un simple complément marginal au parc existant.