image du barrage de BUI qui permet d'augmenter la capacité solaire du pays

Ghana : Bui Power Authority double sa capacité solaire à 105 MWp et vise 300 MWp de solaire pilotable d’ici 2028

Le Bui Power Authority (BPA), l’autorité publique ghanéenne responsable du barrage hydroélectrique de Bui, a annoncé lors de son assemblée annuelle des parties prenantes à Accra avoir porté sa capacité solaire installée de 55 à 105 mégawatts-crête (MWp) en 2025, tout en enregistrant un chiffre d’affaires de 145,9 millions de dollars et un bénéfice net de 66,2 millions de dollars sur l’exercice.

Le portefeuille de production de BPA totalise désormais 404 MW d’hydroélectricité et 105 MWp de solaire. L’autorité prévoit d’ajouter environ 100 MWp supplémentaires en 2026, portant sa capacité solaire à près de 205 MWp, avant de viser 300 MWp de solaire pilotable couplé à du stockage par batteries à grande échelle (BESS) d’ici la fin 2028.

L’ingénieur Kow Eduakwa Sam, directeur général de BPA, a présenté ces résultats comme obtenus malgré des changements de direction significatifs au sein du secteur énergétique ghanéen au cours de l’année, affectant le ministère de l’Énergie, le conseil d’administration et la direction exécutive de l’autorité.

Une capacité solaire qui passe de 55 à 105 MWp en un an

Le doublement de la capacité solaire de BPA en une seule année constitue une progression notable pour une autorité publique historiquement centrée sur l’hydroélectricité. Cette expansion s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification du portefeuille de production, destinée à réduire l’exposition de BPA aux variations de disponibilité de l’eau retenue par le barrage de Bui, sur le fleuve Volta noire.

L’autorité n’a pas précisé la répartition géographique exacte des capacités solaires ajoutées en 2025, mais son activité s’inscrit dans la continuité de projets antérieurs, notamment le développement de centrales solaires flottantes que BPA a présenté comme une première dans la sous-région ouest-africaine.

Un bilan financier qui accompagne l’expansion renouvelable

Les 145,9 millions de dollars de revenus générés par la vente d’électricité et les 66,2 millions de dollars de bénéfice net enregistrés en 2025 témoignent d’une amélioration opérationnelle qui accompagne la montée en puissance du solaire. BPA indique avoir également renforcé sa base d’actifs et amélioré plusieurs indicateurs d’efficacité opérationnelle au cours de l’exercice.

Sur le plan de la sécurité, l’autorité a enregistré zéro accident avec arrêt de travail durant l’année, un résultat attribué à sa culture de prévention des incidents. Ces éléments de gouvernance opérationnelle sont mis en avant par BPA dans un contexte où plusieurs institutions publiques du secteur électrique ghanéen ont connu des changements de direction en 2025.

image du barrage de BUI qui permet d'augmenter la capacit solaire du pays

La stratégie de diversification derrière l’hydroélectricité

Selon Ing. Kow Eduakwa Sam, la croissance de la production renouvelable s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification du portefeuille de BPA, en appui à la transition du Ghana vers des systèmes de production d’électricité plus propres, moins coûteux et plus durables. Cette diversification répond à une contrainte structurelle propre aux barrages hydroélectriques : leur production dépend directement du niveau des réservoirs, lui-même soumis aux variations pluviométriques.

En couplant sa capacité hydroélectrique existante à une production solaire croissante, BPA cherche à lisser sa courbe de production sur l’année, réduisant sa dépendance aux périodes de forte hydraulicité et sécurisant ses revenus de vente d’électricité face aux acheteurs publics et privés ghanéens.

Le cap des 300 MWp couplés au stockage d’ici 2028

L’objectif annoncé de 300 MWp de solaire pilotable associé à du stockage par batteries à grande échelle d’ici fin 2028 marque une ambition supérieure à la simple addition de capacité solaire brute. Le terme « pilotable » employé par BPA renvoie à une production solaire dont l’intermittence est compensée par du stockage, permettant à l’autorité de proposer une capacité disponible sur des plages horaires plus larges qu’une centrale solaire seule.

Cette trajectoire, qui doit faire passer BPA de 105 MWp aujourd’hui à 300 MWp de capacité pilotable en trois ans, implique un rythme d’investissement soutenu et l’intégration de systèmes BESS à une échelle encore peu répandue parmi les producteurs publics d’Afrique de l’Ouest, hors grands programmes financés par des bailleurs internationaux.

Ce que Bui Power dit du marché ghanéen de l’électricité publique

Les résultats de BPA s’ajoutent à une série d’annonces qui positionnent le Ghana comme un marché actif du solaire et du stockage en Afrique de l’Ouest, aux côtés du programme national de 1,5 GW solaire et BESS présenté lors du GITW 2026 et de projets industriels comme le déploiement C&I de Daystar Power pour Nestlé à Tema. La différence tient ici à la nature de l’acteur : une autorité publique historiquement hydroélectrique qui redéploie son bilan vers le solaire plutôt qu’un développeur privé ou un programme gouvernemental.

Pour le marché ghanéen, cette diversification d’un opérateur public bien établi renforce la crédibilité d’une trajectoire de croissance solaire portée à la fois par l’État, à travers BPA et les programmes ministériels, et par le secteur privé sur le segment C&I — deux dynamiques qui, selon les chiffres présentés à l’assemblée annuelle de BPA, progressent en parallèle plutôt qu’en concurrence.