image representative du parc éolien de Shadwan

Égypte : Scatec et EDF lancent la construction du parc éolien de Shadwan (900 MW, 716 M$)

Scatec a annoncé le 1er octobre 2026 le démarrage de la construction du parc éolien de Shadwan, d’une capacité de 900 MW, en Égypte. Développé avec EDF Power Solutions dans le cadre d’un accord de co-développement, le parc est situé dans la région du golfe de Suez. Le coût d’investissement (capex) atteint 716 M$ et la production annuelle attendue est d’environ 4 TWh, avec 1,6 million de tonnes de CO2 évitées chaque année.

Le démarrage du chantier précède la clôture du financement de long terme, attendue d’ici fin 2026. Scatec, qui assure l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction (EPC), la gestion d’actifs ainsi que l’exploitation et la maintenance, a signé des lettres de mandat avec des institutions de financement du développement (DFI) pour la dette sans recours. Entre-temps, un prêt relais de fonds propres finance le démarrage des travaux.

Un chantier lancé le 1er octobre 2026

Shadwan figure parmi les plus grands projets éoliens terrestres d’Afrique. Avec 900 MW, il rejoint le cercle restreint des parcs d’échelle giga qui se dessinent dans le golfe de Suez, une zone où le facteur de charge des éoliennes figure parmi les plus élevés au monde. La production annuelle de 4 TWh correspond, pour 900 MW, à un facteur de charge supérieur à 50 %, ce qui illustre la qualité du gisement.

Scatec précise que le chantier démarre en phases, avec une première phase de mise en service commerciale (COD, Commercial Operation Date) attendue fin 2027. Les détails de la répartition par phase, du nombre d’éoliennes et du fournisseur de turbines n’ont pas été divulgués dans les documents consultés.

Le contrat d’achat d’électricité (PPA) et le tarif ne figurent pas non plus dans les informations publiées. L’acheteur naturel est la compagnie nationale de transport EETC, comme pour les autres grands projets éoliens signés récemment en Égypte, mais cette information n’est pas confirmée par la source primaire pour Shadwan.

Le montage financier : 716 M$ de capex et un prêt relais de 150 M$

Le capex de 716 M$ représente environ 800 $ par kW installé, un niveau cohérent avec les coûts constatés pour l’éolien terrestre à grande échelle. Le financement repose sur deux piliers : les fonds propres des développeurs et une dette de long terme sans recours auprès de DFI, dont les lettres de mandat sont signées.

Pour faire démarrer le chantier avant le financial close, Scatec a obtenu un prêt relais de fonds propres de 150 M$ auprès du Arab Energy Fund (TAEF). Sur ce montant, 50 M$ sont alloués à Shadwan et 100 M$ à Energy Valley, un projet distinct de 1 950 MW de solaire et 3 935 MWh de stockage par batteries porté par Scatec en Égypte.

Ce type de prêt relais permet de lancer les travaux de génie civil et de commander les équipements à long délai sans attendre la dette finale. Il accroît toutefois l’exposition de l’actionnaire si le financial close prenait du retard, ce que le calendrier de fin 2026 cherche à éviter.

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Image de parc éolien

Une structure d’actionnariat encore ouverte

Scatec vise une participation de 29 % dans Shadwan et indique vouloir inviter des partenaires supplémentaires au capital. EDF Power Solutions est co-développeur dans le cadre d’un accord de co-développement. La répartition finale des parts n’est donc pas arrêtée à ce stade.

Cette approche suit le modèle adopté par Scatec sur ses grands actifs égyptiens : conserver un rôle de développeur et de prestataire de services (EPC, gestion d’actifs, exploitation) tout en limitant sa part de capital, ce qui libère du bilan pour d’autres projets. Pour les investisseurs entrants, la proposition tient à un actif de 900 MW avec un contrat de service de long terme confié à un opérateur expérimenté.

Le calendrier : première phase fin 2027

Trois dates structurent le projet du parc éolien de Shadwan : le 1er octobre 2026 pour le lancement de la construction, fin 2026 pour le financial close et le démarrage du chantier d’Energy Valley, fin 2027 pour le COD de la première phase. Entre le début des travaux et la première production, il s’écoule donc une quinzaine de mois, un rythme soutenu pour une construction éolienne de cette taille.

Le respect de ce calendrier dépendra de la livraison des éoliennes, du raccordement au réseau de la zone du golfe de Suez et de la clôture de la dette. Ces trois éléments sont les principaux points de vigilance du calendrier.

Shadwan et Energy Valley : le portefeuille égyptien de Scatec

Le prêt relais du TAEF relie le parc éolien de Shadwan à Energy Valley, ce qui montre que Scatec traite ses projets égyptiens comme un portefeuille. Energy Valley, avec 1 950 MW de solaire et 3 935 MWh de stockage, doit lui aussi démarrer sa construction d’ici fin 2026 selon le calendrier annoncé.

Scatec avait déjà signé en 2026 des PPA pour 1,95 GW de solaire avec stockage en Égypte. Avec Shadwan, la société ajoute un projet éolien de 900 MW, ce qui porte à près de 2,9 GW la capacité cumulée de Shadwan et d’Energy Valley. Terje Pilskog, directeur général de Scatec, a indiqué que ces projets montrent l’échelle des activités de développement de l’entreprise en Égypte.

Ce que le projet dit du marché éolien égyptien

Le parc éolien de Shadwan s’ajoute à Ras Shokeir (1 GW, Infinity Power et Hassan Allam Utilities Energy, PPA de 25 ans signé en septembre) et à d’autres accords de coopération pour plusieurs gigawatts d’éolien dans le golfe de Suez. Le marché égyptien du vent passe ainsi de la phase d’annonces à celle des chantiers, avec des développeurs étrangers qui engagent des centaines de millions de dollars avant même la clôture de la dette.

Pour les DFI, le dossier est un test de capacité d’absorption : financer 716 M$ d’éolien en plus des projets solaires et BESS déjà en cours demande des enveloppes importantes et un cadre de paiement crédible de l’acheteur public. Le financial close de fin 2026 sera le véritable indicateur de la confiance des prêteurs dans ce modèle.