Image représentative de Togo : 26,5 millions d’euros mobilisés pour une centrale solaire de 62 MW à Sokodé

Centrale solaire de Nangbéto : un projet important de 70 à 110 MW

Le ministère togolais de l’Énergie a annoncé une centrale solaire de 70 à 110 MW à Nangbéto, à environ 200 km au nord-est de Lomé. Le projet s’étend sur 203 hectares et constitue la première phase du Pacte national pour l’énergie, un programme de 400 MWc de centrales solaires en cours de structuration. L’organisation à but non lucratif RELP apporte un appui technique.

Cette centrale solaire de Nangbéto au Togo est installée à proximité de la centrale hydroélectrique existante du même nom, exploitée par la Communauté électrique du Bénin (CEB). L’article source ne donne ni coût, ni calendrier de construction, ni mode de financement. Il reste donc à savoir si le projet sera confié à un investisseur privé dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA, Power Purchase Agreement) ou réalisé en partenariat public-privé.

Projet de centrale solaire de Nangbéto au Togo, 70 à 110 MW, annoncé en 2026

Ce que le ministère a annoncé

Les faits publiés sur la centrale solaire de Nangbéto tiennent en quelques lignes. La capacité est donnée sous forme de fourchette, de 70 à 110 MW, ce qui indique que le dimensionnement final dépend d’études encore à mener, notamment sur le raccordement et sur la disponibilité des terrains. La superficie de 203 hectares est en revanche précise.

Rapportée à la fourchette, la densité d’occupation du site va de 0,34 à 0,54 MW par hectare, un intervalle cohérent avec les centrales au sol de l’Afrique de l’Ouest, qui se situent souvent entre 0,5 et 1 MW par hectare selon la technologie.

Le site se trouve à 200 km de Lomé, à proximité d’un ouvrage de production existant. Cette co-implantation peut simplifier le raccordement si les lignes de la centrale hydroélectrique ont de la marge.

La centrale solaire de Nangbéto au Togo : site et capacité

Nangbéto est connu au Togo pour son barrage sur le Mono, géré par la CEB, organisme binational qui alimente le Togo et le Bénin. Installer du photovoltaïque à côté d’un barrage permet en principe d’économiser l’eau du réservoir en journée, au moment où le solaire produit, et de la réserver aux heures de pointe du soir. Cet avantage opérationnel est classique pour les sites hybrides hydro-solaire. Il n’est toutefois pas mentionné par le ministère, et aucune source consultée ne dit que le projet intégrera du stockage ou une gestion coordonnée avec le barrage.

La fourchette de 70 à 110 MW place la centrale solaire de Nangbéto parmi les plus grandes centrales solaires envisagées au Togo. À titre de repère, la centrale de Blitta, développée par AMEA Power, a été inaugurée en juin 2021 avec 50 MW ; une extension de 70 à 100 MW a été annoncée en juin dernier. Nangbéto pourrait donc se situer au même niveau que Blitta à terme, si la capacité haute de 110 MW est retenue.

La centrale solaire de Nangbéto et le Pacte national pour l’énergie : 400 MWc

Le Pacte national pour l’énergie est décrit comme un programme de 400 MWc de centrales solaires en cours de structuration. La centrale solaire de Nangbéto en constitue la première phase. Les 400 MWc totaux seraient donc répartis sur plusieurs sites, mais l’article ne les liste pas. Rapportée au programme, la centrale de Nangbéto représenterait de 17,5 % à 27,5 % de l’ensemble, selon la capacité retenue.

Le terme MWc désigne la puissance de crête, mesurée en courant continu aux conditions standard, alors que la capacité de Nangbéto est exprimée en MW. L’article source ne précise pas si les deux unités sont comparables, c’est-à-dire si 110 MW correspond à 110 MWc ou à une puissance alternative inférieure. Pour un développeur, l’écart est souvent de l’ordre de 10 à 30 %, ce qui change la taille des onduleurs et le plan de raccordement.

RELP, un appui technique déjà vu en Guinée

RELP apporte un appui technique à la centrale solaire de Nangbéto. L’organisation est la même que celle qui, début octobre, a conclu avec le ministère guinéen de l’Énergie un accord de conception d’appels d’offres concurrentiels pour un programme de 400 MW de solaire et de stockage. Le chiffre de 400 MW est identique, et cette coïncidence suggère un cadre méthodologique commun : un programme national plafonné à 400 MW, structuré par étapes, avec des appels d’offres concurrentiels pour désigner des producteurs indépendants.

Cette lecture est une hypothèse de Solar Perspective, non une information des sources, qui ne décrivent pas la méthode retenue au Togo. Si elle se confirme, elle indiquerait que Nangbéto pourrait faire l’objet d’un appel d’offres ouvert, comme le prévoit le programme guinéen, plutôt que d’une attribution de gré à gré.

Le Togo solaire : Blitta, Dapaong et Agoè-Nyivé

La centrale solaire de Nangbéto s’ajoute à un pipeline togolais déjà actif. La centrale de Dapaong, de 25 MWc avec 36 MWh de stockage, construite par TBEA avec un financement de la Banque mondiale, était à 42 % d’avancement en août. La centrale d’Agoè-Nyivé, dont la capacité n’est pas publiée, a fait l’objet d’une préqualification soutenue par l’Agence française de développement (AFD), avec une clôture au 15 septembre 2026, comme l’a relevé Solar Perspective le 19 octobre.

L’agence AT2ER, qui pilote la préqualification d’Agoè-Nyivé, avait aussi lancé un appel d’offres pour des mini-réseaux solaires dans 27 localités avec la Banque islamique de développement.

Ces projets couvrent trois segments : l’utilitaire connecté au réseau (Blitta, Nangbéto), l’hybride avec stockage (Dapaong) et l’accès à l’électricité hors réseau (mini-réseaux). Pris ensemble, ils dessinent un marché où plusieurs filières avancent en parallèle, sans que le calendrier de Nangbéto soit encore fixé.

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Ce que l’annonce de la centrale solaire de Nangbéto ne dit pas

L’annonce laisse plusieurs inconnues. Le coût, le calendrier, le mode de procédure (appel d’offres, offre spontanée, gré à gré), l’acheteur d’électricité et le modèle de financement ne sont pas publiés. Le rôle de la CEB, propriétaire du barrage voisin, n’est pas défini non plus : s’agit-il d’un simple voisin ou d’un futur offtaker ?

Pour les développeurs intéressés, le prochain signal à surveiller est la publication d’un avis de manifestation d’intérêt ou d’un appel d’offres par le ministère ou l’AT2ER. Pour les investisseurs, la structure juridique du Pacte national pour l’énergie, et la garantie d’achat qui l’accompagnera, détermineront la bancabilité du projet. Tant que ces éléments ne sont pas connus, Nangbéto reste une intention, non un projet financé.

Sources : fr.allafrica.com.