À Niamey, les 7 et 8 avril 2026, les ministres de l’énergie du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis pour le premier Forum International sur les Énergies Renouvelables (FIER) organisé dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).
L’objectif de capacité solaire raccordée que le Mali s’est fixé d’ici 2030 est de 600 MW, contre 97 MW en 2023.
Objectif : définir une feuille de route commune de souveraineté énergétique par les renouvelables.
Forum FIER, Niamey, 7-8 avril 2026 : les chiffres en jeu
Le FIER est le premier événement multilatéral de l’AES consacré exclusivement aux énergies renouvelables. Il rassemble des délégués techniques, des représentants ministériels et des acteurs du secteur privé des trois pays membres. Le contexte est celui de trois États confrontés à un double défi : les conséquences de leur retrait de la CEDEAO (2024-2025), qui réduit l’accès aux financements institutionnels régionaux classiques, et une demande électrique en croissance rapide.
Le Sahel bénéficie d’un irradiation solaire parmi les plus élevées au monde : le Global Horizontal Irradiance (GHI) dans la zone est compris entre 5,5 et 7 kWh/m²/jour selon les relevés de la NASA et de l’IRENA. Pour des pays dont le mix énergétique dépend encore partiellement du pétrole importé, le solaire représente une voie vers une autonomie concrète.

Le Niger passe de 40 % à 70 % d’autonomie énergétique en quelques mois
La donnée la plus significative du FIER vient du Niger. Selon les représentants officiels présents à Niamey, le pays est passé d’un taux d’autonomie de production électrique de 40 % à environ 70 % en quelques mois au cours de l’année 2025. Cette progression est directement liée au déploiement accéléré de centrales solaires et de mini-réseaux hybrides dans les principales agglomérations.
L’information provient des déclarations officielles lors du FIER. Elle doit être mise en perspective : en contexte de repositionnement géopolitique post-coup d’État (juillet 2023), les chiffres gouvernementaux nigériens gagnent à être croisés avec des sources indépendantes. La tendance est néanmoins cohérente avec l’intensification des programmes de mini-réseaux solaires financés par la Banque mondiale (NESAP), la BAD (Desert to Power) et des développeurs privés comme Engie Energy Access et Bboxx.
Mali et Burkina Faso : des trajectoires solaires distinctes mais convergentes
Le Mali vise 600 MW de capacité solaire raccordée au réseau d’ici 2030, contre environ 97 MW en 2023 — soit multiplier par six en sept ans. La trajectoire est compliquée par les effets du retrait de la CEDEAO et les incertitudes autour des financements bilatéraux. Pour le solaire, des entreprises chinoises (JA Solar, LONGi, PowerChina) sont présentes sur le continent sans conditionnalités politiques.
Le Burkina Faso, dont le mix électrique est parmi les moins décarbonés de la sous-région, a défini des objectifs ENR ambitieux mais souffre de contraintes logistiques et sécuritaires. La centrale solaire de Dédougou (18 MW, BAD Desert to Power, couverte par Solar Perspective en avril 2026) illustre le type de projets qui avancent malgré le contexte.
Alliance des États du Sahel : une souveraineté énergétique hors des circuits conventionnels
Le FIER de Niamey illustre une tendance émergente : des États qui cherchent à construire leur transition énergétique en dehors des circuits de financement occidentaux dominants sans renoncer aux technologies photovoltaïques, dont les fournisseurs sont majoritairement asiatiques.
Pour les développeurs, ce positionnement présente des risques (incertitude réglementaire, risque pays élevé) et des opportunités (marchés peu compétitifs, rendements plus élevés, demande non satisfaite considérable). Les entreprises capables de mobiliser des financements hors circuits bilatéraux classiques — fonds d’impact africains, financements islamiques, export credit agencies asiatiques — pourraient trouver dans l’AES un terrain de développement inédit. Pour les marchés ENR d’Afrique francophone, l’AES représente 70 millions d’habitants, un rayonnement solaire exceptionnel, et la volonté politique affichée d’une transition rapide.









Leave a Reply