La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement pouvant atteindre 66 millions de dollars pour la première phase du projet solaire Dandara, situé dans le gouvernorat de Qena, dans le sud de l’Égypte. Cette phase associe une centrale photovoltaïque de 500 MW à un système de stockage par batteries de 100 MWh, pour un coût total estimé à plus de 290 millions de dollars.
L’approbation de la BAD s’inscrit dans un montage de financement plus large, où l’institution panafricaine agit comme un des bailleurs mobilisés aux côtés d’un consortium d’institutions de financement du développement. Le projet Dandara avait déjà fait l’objet d’un accord d’achat d’électricité (PPA) industriel signé en avril 2026 avec Egyptalum, dans une logique de conformité au mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), qui pousse les industriels égyptiens exportateurs vers l’Union européenne à décarboner leur approvisionnement électrique.
Ce nouveau financement de la BAD constitue une étape distincte du calendrier du projet : il ne porte pas sur la vente d’électricité, mais sur la structuration financière permettant la construction effective de la première phase. Pour Dandara, cela signifie le passage d’un accord commercial signé à un chantier disposant des ressources nécessaires pour démarrer.
Un financement structurant pour la première phase de Dandara
Le projet solaire Dandara est conçu par phases, dont la première porte sur 500 MW de capacité solaire couplée à 100 MWh de stockage par batteries. Cette architecture solaire-plus-stockage répond à une problématique centrale du réseau égyptien : l’intermittence de la production photovoltaïque, qui nécessite une capacité de lissage pour garantir une fourniture stable aux industriels raccordés au projet.
Le coût total de cette première phase, supérieur à 290 millions de dollars, illustre l’ampleur des investissements nécessaires pour des projets solaires couplés au stockage à cette échelle. La contribution de la BAD, si elle ne représente qu’une fraction du financement total, joue un rôle de catalyseur : l’implication d’une institution multilatérale de ce rang facilite généralement la mobilisation des financements complémentaires auprès d’autres bailleurs et de banques commerciales.

Le montage financier : ressources ordinaires et Clean Technology Fund
Le financement approuvé par la BAD se décompose en deux enveloppes : 46 millions de dollars proviennent des ressources ordinaires de la Banque, tandis que 20 millions de dollars sont mobilisés via le Clean Technology Fund, un mécanisme multilatéral dédié au financement de projets bas-carbone dans les économies émergentes. Le solde du financement de la première phase doit être couvert par un consortium d’institutions de financement du développement dont la composition précise n’a pas été détaillée dans l’annonce.
Cette structuration à plusieurs bailleurs est devenue la norme pour les grands projets solaires-plus-stockage sur le continent, où le ticket unitaire dépasse rarement la capacité d’un seul investisseur institutionnel. Le recours au Clean Technology Fund, en particulier, reflète la dimension climatique du projet : au-delà de la seule production d’électricité renouvelable, Dandara est présenté comme un levier de réduction d’émissions dans un contexte où l’Égypte cherche à répondre aux exigences du CBAM pour ses industries exportatrices.
Un projet solaire-stockage à Qena, dans le sud du pays
Le choix du gouvernorat de Qena, dans le sud de l’Égypte, s’inscrit dans la stratégie du pays de développer sa capacité solaire dans les régions à fort ensoleillement, loin des zones agricoles du delta du Nil. Cette logique de localisation, déjà appliquée aux grands complexes solaires de Benban ou du Golfe de Suez, permet de maximiser le rendement des installations tout en limitant les conflits d’usage des sols.
La BAD évalue la réduction d’émissions de dioxyde de carbone associée au projet solaire Dandara à environ 500 000 tonnes par an, pour un total cumulé d’environ 12,5 millions de tonnes sur la durée de vie de l’installation. Ces chiffres positionnent Dandara parmi les projets solaires égyptiens dont l’impact carbone est le plus documenté, un élément qui pèse dans la capacité du projet à attirer des financements climatiques dédiés.
L’emploi et l’impact carbone au cœur de la présentation du projet
La phase de construction de la première tranche du projet solaire Dandara devrait générer environ 2 500 emplois, un chiffre cohérent avec l’intensité de main-d’œuvre nécessaire à l’installation de 500 MW de capacité photovoltaïque et du système de stockage associé. Une fois le projet en exploitation, la BAD anticipe la création de 23 postes permanents, un ratio qui illustre la nature capitalistique plutôt que main-d’œuvre-intensive de l’exploitation solaire une fois la construction achevée.
Cette répartition entre emplois temporaires de chantier et emplois permanents d’exploitation est caractéristique des grands projets solaires utility-scale sur le continent, où l’essentiel de la création d’emploi se concentre dans la phase de construction, tandis que l’exploitation repose sur des équipes réduites de techniciens spécialisés.

Dandara, nouveau jalon du pipeline solaire égyptien
Le financement de la BAD confirme la trajectoire du projet solaire Dandara depuis la signature du PPA industriel avec Egyptalum au printemps 2026, en apportant la structuration financière nécessaire à la matérialisation de la première phase. Ce projet s’ajoute à un pipeline égyptien déjà dense, entre les phases de Scatec à Nagaa Hammadi, les projets d’AMEA Power et les extensions de capacité de transmission portées par l’EETC.
Pour la BAD, cette opération s’inscrit dans une stratégie de financement plus large du solaire égyptien, où l’institution intervient régulièrement aux côtés d’autres bailleurs sur des projets combinant production renouvelable et stockage. La multiplication de ces financements traduit la place centrale que l’Égypte occupe désormais dans le portefeuille solaire de la Banque sur le continent africain.











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